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«Les jeunes veulent donner leur opinion»

Epalinges Agé de 21 ans, le président du groupe PLR Alexander Omuku milite pour instaurer le vote consultatif dès 16 ans au sein de sa commune pour les objets fédéraux, cantonaux et communaux. Le Régional l'a rencontré.

L«Il existe peu de situations où on demande aux jeunes leur avis»

Entretien : Xavier Crépon

Avec en moyenne moins d'un citoyen sur deux qui se prononce lors des votations en Suisse, l'abstentionnisme est une réalité. Pour lutter contre ce fléau, plusieurs jeunes politiciens s'engagent à l'image d'Alexander Omuku (21 ans), président du groupe PLR Epalinges. Auteur d'un postulat déposé ce 19 février sur le vote consultatif dès 16 ans au sein de sa commune pour les objets fédéraux, cantonaux et communaux, il souhaite favoriser l'engagement citoyen. Également favorable à un retour des cours civiques en milieu scolaire, il veut faire participer les jeunes à l'avenir de notre système démocratique. Explications.

Un vote consultatif, n'est-ce pas un vote pour beurre?

Ce n'est de loin pas un vote pour beurre, bien qu'il soit consultatif. Il s'agit avant tout pour les jeunes d'exprimer leur avis. En leur donnant la parole et en les écoutant, nous leur donnons l'opportunité de s'impliquer et d'engager le débat, et qui sait, de le poursuivre ensuite dans d'autres sphères comme la famille ou bien avec les amis. Cet échange entre jeunes est d'ailleurs primordial. Il reste selon moi la meilleure façon de les pousser à s'impliquer.

Quelle forme prendrait ce vote consultatif?

Je pense qu'il est très important de bien réfléchir à la manière dont on va l'amener. Personnellement, je préférerais une enveloppe de vote sous format papier comme cela se fait actuellement pour les votations. Je ne vois pas d'un bon œil un vote électronique. Cela fait assez sondage et beaucoup moins sérieux qu'un format traditionnel beaucoup plus symbolique.

Récemment, les jeunes se sont massivement impliqués en manifestant pour le climat. Pensez-vous qu'ils seraient prêts à s'engager pour d'autres enjeux?

Je suis intimement convaincu que les jeunes veulent donner leur opinion sur de nombreuses thématiques. Mais concrètement, il existe peu de situations où on leur demande leur avis. Ils doivent souvent s'auto-organiser et prendre la parole de leur propre chef comme cela a été le cas dernièrement. C'est pour cela qu'il est important de mettre en place des mesures accompagnantes. Cela peut-être par un vote consultatif dès 16 ans, mais aussi par une sensibilisation aux enjeux politiques et sociétaux à l'école. Aujourd'hui, ces questions ne sont que rarement abordées en classe. C'est dommage.

L'école devrait jouer un rôle plus important selon vous?

Oui, clairement. Actuellement, il n'y a plus vraiment de cours de citoyenneté en milieu scolaire. Je suis pour les réinstaurer. Cela passerait par exemple par l'organisation d'échanges sur les votations fédérales. Il est essentiel d'habituer les jeunes à débattre sur ces questions. C'est de la sorte que nous les encouragerons à participer plus tard aux votations. Il n'y a peut-être pas de solutions miracles, mais si nous n'introduisons pas ces thématiques lorsqu'ils sont des jeunes adultes, comment voulez-vous qu'ils soient impliqués à l'avenir ? Le taux d'absentéisme actuel d'environ 50% ne vient pas de nulle part.

Ne craignez-vous pas qu'enseigner le civisme en salle de classe soit rébarbatif?

Non. Mais pour cela, il est important de montrer que la politique est vivante et pas uniquement théorique, ou bien seulement le fruit de politiciens assis derrière leurs chaises. Il faut trouver un moyen de rapprocher les jeunes de la politique. Cela pourrait être en leur faisant vivre une expérience comme participer à une séance de Conseil communal. Ainsi, ils pourraient être au plus proche des décisions qui se prennent chez eux, au niveau local.

Mis à part une approche éducative reconsidérée, y aurait-il d'autres moyens de lutter contre l'abstentionnisme?

Oui. C'est désormais aussi à nos élus cantonaux de proposer des pistes pour améliorer la situation. Pour être utile, le droit de vote dès 16 ans doit être accompagné. Je pense notamment à rendre l'envoi du vote gratuit ainsi que renforcer les conseils de jeunes et de délégués dans les écoles et les gymnases. À notre échelle, nous sommes plusieurs au sein de législatifs à encourager ce vote consultatif au niveau communal. Un premier retour en milieu scolaire a également été positif, avec une expérience récemment concluante dans les salles de classes nyonnaises où la participation des jeunes a été élevée. C'est un bon début. À long terme, le droit de vote dès 16 ans pourrait être envisageable, mais nous n'y sommes pas encore.

Date:28.02.2019
Parution: 938

Extension à 32 millions pour le collège

Lors de ce même Conseil communal du 19 février, les élus ont validé un crédit de construction de 31,7 mios de frs pour l'extension de l'établissement scolaire de Bois-Murat. Les travaux de démolition de deux anciens bâtiments devraient débuter en milieu d'année afin de les remplacer par deux nouveaux édifices. Le projet complet comprend entre autres dix salles de classes supplémentaires ainsi qu'une salle de gym flambant neuve pour répondre à l'évolution croissante du nombre d'écoliers. L'extension qui devrait être finalisée pour la rentrée estivale 2024 permettra d'accueillir 200 élèves en plus.

Le syndic favorable au vote des jeunes

À l'origine, le texte déposé par Alexander Omuku avait les traits d'une motion. Le président du groupe PLR palinzard l'a modifiée en postulat en cours de séance afin de donner plus de marge de manœuvre à son exécutif. Choix judicieux selon le syndic Maurice Mischler. «Cela est plus raisonnable étant donné les conséquences qu'une telle proposition implique. Une commission peut désormais être nommée pour estimer les besoins précis en termes organisationnel et financier.» L'édile, qui admet que la mise en place d'un vote consultatif est loin d'être une tâche aisée, semble y être plutôt favorable mais souhaite prendre le temps d'en définir tous ses paramètres. «La Municipalité partage l'idée qu'il y a quelque chose à faire avec le vote des jeunes. Le problème de l'abstentionnisme nécessite que l'on agisse d'une manière ou d'une autre, mais il ne faut pas le faire de manière précipitée.»

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