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l’édition n°938
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L'écologie ou la barbarie

Editorial

C’est notre affaire à tous. La crise climatique. Car chaque geste pour l’environnement revêt une portée systémique. Trier ses déchets conduit à réfléchir à ses achats. Manger moins de viande oblige à repenser son alimentation. Lâcher la voiture amène à la mobilité douce. De même, les plans climat des communes permettent clairement de réduire leurs émissions de CO2, comme le montre notre dossier (lire pages 2 et 3)

Mais il ne faut pas se leurrer, la vraie révolution écologique ne passera que par un changement de notre modèle économique, ce capitalisme globalisé et ultralibéral fondé sur la croissance, le productivisme et l’hyperconsommation. Et par la régulation des industries et de la finance mondiale, polluantes et prédatrices comme jamais. En tenant compte des investissements à l’étranger de sa place financière et de ses caisses de pension, la pourtant si petite Suisse pèse, selon notre enquête, 2,6% des émissions mondiales de CO2. Et les 25 plus grandes multinationales sont à elles seules responsables, avec leurs filiales, de plus de 70% des gaz à effet de serre émis depuis 1988. C’est ici, avant tout, que doit s’appliquer le principe du pollueur payeur.

Le scandale, c’est que politiciens et gouvernements sont à leur botte. Plus prompts à défendre les intérêts de ces lobbies que la planète, ils n’osent pas prendre les mesures radicales qui s’imposent. Et leurs vertes promesses liées aux élections fédérales de cet automne n’y changeront rien. Mais les citoyens l’ont compris et la colère monte. Entre pétitions, manifestations, désobéissance civile et actions en justice. L’affaire du siècle.

Reste la réalité: en dépit de toutes nos bonnes intentions, le climat promet de devenir incontrôlable. Les scientifiques annoncent un emballement. Une fois que l’humanité se sera saoulée jusqu’à la dernière goutte de pétrole, la planète pourrait devenir en partie inhabitable. Avec un possible effondrement de notre civilisation thermo industrielle. Nous sommes en train d’installer l’enfer sur terre.

L’urgence est désormais de limiter les dégâts et de préparer l’après. Organiser la résilience de nos sociétés, en remettant l’intelligence collective, l’entraide et le vivant au centre. La protection de l’environnement est la mère de toutes les batailles. Car qui dit réchauffement climatique dit inégalités, insurrections et totalitarismes. Si ce n’est pas l’écologie, ce sera la barbarie…

Serge Noyer, rédacteur en chef adjoint

Date:28.02.2019
Parution: 938

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