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La résidence palliative, une nouveauté vaudoise

Hôpital de Lavaux Avec le vieillissement de la population, les besoins en soins palliatifs augmentent. Le Canton est depuis 25 ans pionnier en la matière. Dès cette année, il franchit une nouvelle étape en séparant les soins palliatifs aigus de sa résidence palliative. Un changement déjà en place à Cully.

L'unité de soins palliatifs. Plates-Bandes Communication et Fulguro design

Nina Brissot

Mourir, bien sûr, mais comment? Le rêve secret de beaucoup est d'être chez soi, de s'endormir et de ne plus se réveiller. Ça peut arriver. Ce n'est pas la règle. Lorsque la maladie s'installe, il arrive souvent un moment où tout l'amour des proches et les soins à domicile ne suffisent plus. La douleur ne peut plus être calmée par médicaments, il faut faire appel à des soins continus. Ambulance, départ, espoir, la personne entre en soins palliatifs. Que se passe-t-il alors?

Un secteur en pleine évolution

Au tournant du siècle, en 2000 à l'Hôpital de Lavaux, on prodiguait des soins palliatifs dans les mêmes chambres que les autres patients. Sept ans plus tard, l'Etat de Vaud a fait évoluer le système vers une unité structurée pour les cinq établissements de soins palliatifs du Canton. Depuis, à Cully, douze lits accueillent des personnes que leur état ne permet pas de rester à la maison mais qui n'ont plus leur place à l'hôpital. Or, depuis le 1er janvier 2019, l'Etat a adopté de nouvelles dispositions et mandaté l'Hôpital de Lavaux pour que cette unité, que dirige le Dr. Gérard Pralong, soit divisée en deux secteurs. D'abord, une «unité hospitalière de médecine palliative» destinée aux soins aigus nécessitant des soins constants. Dix lits - contre douze auparavant – pour des patients souffrant d'une maladie grave, évolutive et avancée. Des patients sous surveillance 24/24h tant du point de vue médical que psycho-social.

Bientôt vingt lits de plus

Parallèlement ,et c'est là le grand changement, six autres lits sont affectés à la «résidence palliative». A terme, l'idée est d'ouvrir vingt lits dans ce secteur, dès que les infrastructures le permettront. Cette résidence palliative est également destinée à des patients incurables mais stabilisés et dont l'espérance de vie est limitée à quelques mois. Eux aussi bénéficient de soins palliatifs spécialisés 24/24h, y compris dans leurs besoins psycho-sociaux, mais avec des visites médicales plus restreintes. Cette prise en charge aux frais des assurances et de l'Etat à trois objectifs principaux. Prendre en charge des patients qui ne peuvent rester à domicile sans pour autant devoir être hospitalisés, apporter un peu de répit aux proches aidants (1 à 2 semaines), offrir une fin de vie encadrée aux patients.

Modèle pour le Canton

Avec la Fondation de Rive Neuve, l'Hôpital de Lavaux est l'une des deux entités cantonales en soins palliatifs à avoir déjà pu mettre en place ce double système. D'une part, l'unité hospitalière palliative (soins aigus), de l'autre, les résidences palliatives. Cette mise en place a pu se faire sans peine à Lavaux du fait des infrastructures et de l'engagement sans faille du personnel. «On ne le dit jamais assez, mais nous avons un personnel exceptionnel, qui a une grande motivation et fait un travail génial dans l'humilité, souligne Rodolphe Rouillon, directeur général, en place depuis mars 2017. Grâce à cette équipe soudée autour du Dr. Pralong, nous pouvons accompagner chaque patient au plus près de ses volontés et de celles des familles. Nous offrons des soins très individualisés, allant, pour autant que cela puisse se faire, jusqu'à des repas qui répondent aux désirs du patient. Avec 6 lits en résidence, c'est parfaitement jouable. Avec 20, ce sera plus difficile. Nous situons le chiffre idéal autour de 14, mais c'est de la musique d'avenir».

Date:07.03.2019
Parution: 939

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