Télécharger
l’édition n°940
au format PDF
Région Lausanne Région Lavaux Région Riviera Région Chablais Région Oron
Dernière minute
La semaine prochaine
Bonus du net

Vers un congé paternité de quatre semaines?

Montreux Le parti socialiste veut offrir vingt jours aux pères employés communaux pour s'occuper de leur nouveau-né. La Municipalité ne ferme pas la porte. Débat le 19 juin.

Dans l'administration montreusienne, cinq pères ont bénéficié du congé paternité communal en 2018, actuellement de six jours. Adobestock

Amit Juillard

Le congé paternité a le vent en poupe. Même si les représentants de l'économie s'y opposent. Une initiative populaire nationale demande quatre semaines payées pour les jeunes pères. Un contre-projet des chambres fédérales en propose deux. En janvier, Neuchâtel devenait le premier canton à offrir vingt jours aux nouveaux papas de son administration. Vaud en donne aujourd'hui cinq. Mais son Conseil d'Etat souhaite augmenter graduellement cette durée pour atteindre les quatre semaines en 2022. Le Grand Conseil doit encore se prononcer.

Parmi les communes vaudoises, le Mont, Lausanne et Morges notamment accordent vingt jours ou davantage à leurs fonctionnaires. Rejointes par Epalinges le 19 février. Au tour de Montreux? C'est le désir du parti socialiste local. Au Conseil communal du 6 mars, sa présidente Irina Gote dépose le titre d'un postulat demandant à la Municipalité «d'étudier la possibilité de la mise en place d'un congé paternité de vingt jours pour les employés communaux». «Je suis maman de trois enfants, explique-t-elle. L'arrivée d'un bébé est un cadeau du ciel et il est injuste que seules les mères puissent profiter de ces moments. Il est important que la mère et le père puissent être partenaires. Et l'égalité, c'est aussi le partage du travail domestique. Papa au boulot, maman à la maison, c'est révolu!»

Donner un signal aux entreprises

Une telle mesure ne serait-elle pas trop chère pour les contribuables? «Je ne pense pas que ce sera excessif et la commune peut l'offrir à ses employés, rétorque Irina Gote. Montreux est en outre la troisième ville du canton: c'est important que les collectivités publiques donnent un signal aux entreprises.» Contacté, François Pochon, président du PLR, parti de droite majoritaire, estime qu'il est trop tôt pour prendre position: «Nous n'avons pas encore reçu le texte, nous n'avons donc pas pu en discuter». La proposition socialiste sera débattue le 19 juin. En cas de «oui», la Municipalité devra évaluer les coûts d'une augmentation de quatorze jours du congé paternité pour son personnel. Mais Pierre Rochat, municipal PLR des finances et des ressources humaines, ne souhaite pour l'heure pas commenter: «Je ne veux pas présager de la position de la Municipalité». Selon l'édile, en 2018, cinq pères ont bénéficié du congé de six jours actuellement en vigueur. A titre de comparaison, Epalinges, commune de 9'624 habitants, évalue les charges à 2'900 frs par nouveau père et à 3'900 frs par nouvel adoptant, en tenant compte des postes à temps partiel. En moyenne, ce sont deux naissances par an au sein du personnel communal palinzard.

Date:14.03.2019
Parution: 940

Deux fois plus d'hommes cadres dans l'administration

La Commune compte 23 femmes parmi ses cadres. Elles occupent 34% des postes à responsabilité, soit 2% au-dessous de la moyenne nationale selon l'OFS. En chiffres absolus, deux fois plus d'hommes ont des positions dirigeantes dans l'administration montreusienne. Qui emploie 136 femmes. L'équivalent de 39% du personnel.

Leur répartition dans les différents départements est inégale: elles représentent 84% du dicastère des affaires sociales, familles et jeunesse, contre 10% du service voirie, jardins et action sociale. «Avec des domaines comme la voirie, les forêts et les jardins, qui salarient des proportions élevées d'hommes et représentent plus d'un tiers du personnel, c'est réjouissant d'arriver à un tiers de femmes cadres», commente Pierre Rochat, municipal PLR des ressources humaines.

La Municipalité a signé la charte fédérale pour l'égalité salariale dans le secteur public le 29 juin 2018. Dans sa réponse à l'interpellation de la conseillère communale socialiste Irina Gote, l'Exécutif assure appliquer le principe d'égalité depuis de nombreuses années. Des mécanismes de contrôle sont en place. Depuis le 30 octobre 2015, la charte des ressources humaines interdit notamment toute forme de discrimination à l'embauche.

Lors de l'attribution des marchés publics, la question de l'égalité est même abordée dans un questionnaire à l'intention des entreprises. Mais le nombre de femmes employées par celles-ci n'est pas un critère dans le choix du mandataire.

Dans ce dossier

Documents

En images

Vidéo
Documents audio