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Pas touche aux chenilles

Nature Le processionnaire du pin prolifère dans plusieurs communes du Chablais. Si ce papillon fait partie de notre écosystème, le contact avec ses chenilles peut s'avérer dangereux pour la santé des hommes et des animaux.

Les nids, sortes de grosses pelotes tissées autour des branches des pins, sont facilement reconnaissables.

Textes et photo: Valérie Passello

Inquiet, Ulrich Hunn a contacté le service des forêts de la commune de Bex, après avoir constaté la présence de nids de chenilles processionnaires du pin dans différents arbres du territoire. «J'ai vécu au Portugal et là-bas, les pins sont infestés. Depuis, je réside à Gryon une partie de l'année. Je ne pensais pas en voir à cette altitude», raconte-t-il. Se renseignant sur internet, ce citoyen a pris connaissance de l'arrêté sur la destruction des nids desdites chenilles. Il demandait à la commune d'intervenir pour que soient éliminés ceux qu'il avait observés sur une propriété privée, ces chenilles pouvant être dangereuses (voir encadré).

Le chef du service bellerin des forêts Jean-François Rochat précise: «Beaucoup de pins sont attaqués, notamment dans les massifs forestiers de Fenalet. Mais on ne lutte pas contre les chenilles processionnaires en forêt. Notre rôle est d'éradiquer les nids qui se trouvent dans les parcs, jardins et zones habitées du territoire communal. Sur le domaine privé, c'est aux propriétaires de s'en charger.» Aucun chiffre n'est disponible quant au nombre de nids dans le canton de Vaud, mais l'évolution de ces insectes est cyclique et leur nombre peut fortement varier d'une année à l'autre.

Après le 30 janvier, laissez passer

Pour éliminer les chenilles processionnaires, la solution est de couper les branches où se trouvent les nids et de les brûler. Mais cette opération ne peut s'effectuer qu'avant le 30 janvier, précise l'arrêté cantonal. «Cette date permet de garantir globalement que les nids posant problème soient neutralisés avant que les chenilles ne puissent quitter les pins et se disperser. Après cette date, elles commencent graduellement à sortir, en fonction de l'évolution des températures», relève Thomas Zumbrunnen, aménagiste forestier du canton de Vaud. Même si, à l'instar d'Ulrich Hunn, les passants constatent la présence de grosses pelotes soyeuses très caractéristiques dans les pins de la région, le meilleur réflexe sera de ne pas les toucher, ajoute Jean-François Rochat: «À cette période, c'est déjà trop tard. Ce serait dangereux de grimper dans un arbre pour aller ôter un nid, car les chenilles peuvent très bien être dispersées sur les branches.» C'est justement maintenant, entre mars et mai, qu'elles entreprennent leur procession, généralement en file indienne, pour aller s'enfouir dans le sol et se transformer en papillons, qui s'envoleront au début de l'été.

Date:21.03.2019
Parution: 941

très urticants

Les chenilles processionnaires font partie de notre écosystème et ne sont pas nuisibles pour l'environnement. Par contre, elles possèdent des poils très urticants et allergisants, pouvant provoquer des irritations cutanées et oculaires chez les humains qui viendraient à les toucher. Ces chenilles, lorsqu'elles sont agressées, dispersent leurs poils au gré du vent et ces derniers peuvent s'accrocher aux habits ou à la peau. Les nids vides contiennent aussi des poils, il ne faut donc pas les toucher non plus. Le danger est encore plus grand pour les animaux tels que les chiens, chats ou chevaux, susceptibles d'entrer facilement en contact avec les chenilles, en les léchant, par exemple. Des dégâts tels que la perte de la langue ou de l'œil, par nécrose, sont à craindre, entraînant parfois la mort des animaux concernés.

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