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Pour le climat, à pied au boulot !

Bex Employé communal à Veytaux, Albin Masson a choisi de manifester à sa manière lors de la journée mondiale pour le climat, en marchant 23 kilomètres, de son domicile jusqu'à son lieu de travail.

La syndique de Veytaux Christine Chevalley accueillant l'employé communal à son arrivée au travail. M. Mavilia

Valérie Passello

La pluie est battante en ce 15 mars sur les hauts de la ville de Bex. Il est 7h du matin et Albin Masson s'apprête à partir travailler. Chef du service parcs et jardins, voirie et conciergerie de la commune de Veytaux, l'homme est sensible à l'environnement et se dit interpellé par la décroissance: «On dit que je suis écolo, mais je trouve que j'utilise beaucoup trop ma voiture. Cela dit, au vu de l'offre en transports publics, je n'ai pas trop le choix», lâche-t-il en endossant un ciré jaune fluo.

C'est justement pour marquer sa «désapprobation de la politique fédérale quant au manque de soutien pour le développement des pistes cyclables et des transports publics sur Bex» que le Bellerin a pris soin de préparer une énorme pancarte, qu'il portera sur le dos en ce jour un peu particulier. «Pistes cyclables, transports publics insuffisants, grève mondiale du climat, je vais à pied au travail», peut-on y lire. Et c'est parti. Chapeau vissé sur la tête, Albin Masson s'en va d'un bon pas longer la route cantonale jusqu'à l'administration communale de Veytaux. Un périple de 23 kilomètres l'attend.

Une grand-maman inspirante

Pour cet employé communal, cette démarche toute personnelle est aussi l'occasion de prendre des engagements pour réduire son impact sur l'environnement. «J'ai demandé que la pause de midi soit raccourcie. Ainsi, nous ne prendrons plus notre voiture à ce moment-là. Jusqu'ici, je rentrais chez moi à l'heure des repas, raconte-t-il. C'est peut-être une goutte d'eau, mais c'est la mienne.»

L'idée d'entreprendre une action personnelle lui est venue lors de la dernière manifestation sur le climat le 2 février à Lausanne: «J'ai croisé dans le train une grand-maman et son petit fils, qui avaient confectionné des banderoles pour aller manifester. Quand j'ai vu cette grand-mère, je me suis dit que je ne devais pas rester dans ma petite réalité, qu'il fallait aussi que je fasse quelque chose.».

Au fil du chemin, Albin Masson est d'abord accompagné par le pasteur de Bex, puis il continue seul. Les voitures ralentissent pour lire sa pancarte, des badauds le prennent en photo à hauteur de Roche. Traversant Villeneuve après quatre heures de marche, frais comme un gardon, le grand gaillard avance toujours aussi vite: «J'ai un peu mal aux pieds, mais ça va, j'ai la chance d'avoir une bonne condition physique. Une fois à Veytaux, je prendrai une bonne douche et j'irai travailler: je n'ai pas fini mon rapport de gestion», sourit-il.

La bise de la syndique

Alors que des milliers de jeunes manifestent pour le climat dans les villes, le Bellerin se fait aussi remarquer, avec son grand panneau sur le dos. Une visibilité qui tranche avec l'attitude douce et discrète du marcheur. Son municipal responsable, Arnaud Rey lescure, remarque: «C'est un personnage mesuré et calme. Mais quand il a l'occasion de marquer son avis, il est toujours très clair.» L'élu a bien accueilli l'idée que son employé marche pour le climat, même s'il avoue «un peu moins apprécier la notion de grève».

À l'arrivée d'Albin Masson vers 11h30 à Veytaux, certains de ses collègues sont présents, un peu goguenards, n'hésitant pas à le taquiner gentiment. La syndique Christine Chevalley l'accueille, elle, avec une bise et salue l'initiative: «Pour nos parents et pour nous, le progrès était une bonne chose. Aujourd'hui, on se rend compte que l'on est allés trop loin», considère-t-elle.

Date:21.03.2019
Parution: 941

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