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Bienvenue dans l'habitat participatif

Lausanne A l'heure de l'urgence d'une transition vers un mode d'habitat durable, c'est-à-dire qui préserve les ressources énergétiques et foncières, l'habitat participatif se profile comme une solution. A l'initiative des Artisans de la Transition, une conférence-débat sur cette tendance a fait salle comble à l'Espace Dickens jeudi 21 mars.

En planifiant et en partageant des espaces communs: une salle de réception, un économat, un atelier ou un jardin, l'habitat participatif rassemble toutes les générations autour d'un projet et d'activités communes.DR

Magaly Mavilia

Encore peu développé en Suisse romande, excepté à Genève, canton pionnier dans le domaine après Zurich, l'habitat participatif trace les sillons d'une nouvelle façon non seulement d'habiter mais de construire et de penser ensemble un bâtiment ou un quartier. Le concept commence à prendre corps dans le canton de Vaud à plus grande échelle, notamment dans le cadre du projet Métamorphose de la ville de Lausanne et plus spécifiquement de l'écoquartier des Plaines-du-Loup (voir page 29). Comment repenser les villes et les modes de vie dans une optique de transition écologique et sociale? C'est la question posée par Jacques Mirenowicz, des Artisans de la Transition lors de la conférence-débat organisée à l'occasion de la parution du dossier de LaRevueDurable sur l'habitat participatif.

L'habitat participatif, c'est quoi ?

Dans un contexte social et environnemental asséché, l'habitat participatif répond à de nombreux défis. Matériels: nécessité de réduire la consommation d'énergie, optimisation du foncier qui se fait rare mais aussi et peut-être avant tout humains. «Les futurs habitants sont activement impliqués dans la conception et la construction puis le fonctionnement et la dynamique du bâtiment. Il en résulte bien plus que du logement, résume Jacques Mirenowicz, fondateur et directeur de LaRevueDurable et codirecteur des Artisans de la Transition. Il en ressort une formidable utilité publique écologique et sociale, les bases d'un véritable vivre-ensemble au sein des quartiers où chacun de ces immeubles contribue à faire éclore une vie riche de proximité solidaire, diversifiée et colorée, y compris sur le plan commercial.»

La marque de fabrique du concept? La création d'espaces communs partagés et définis en amont du projet. Cela peut être une grande cuisine avec une salle à manger pour des réceptions, des chambres d'amis, des espaces de jeux pour les enfants ou un atelier pour les adultes, un économat, etc. Et si terrain il y a, ce peut être aussi un jardin potager et, enfin, une vraie place de «village».

Impact fort sur l'écologie

En créant des espaces partagés, l'impact écologique est très significatif, comme l'atteste le dossier réalisé par LaRevueDurable. Au sein de la coopérative d'habitation de la Codha, à Genève, la consommation d'électricité par habitant descend jusqu'à 304 kWh/an contre une moyenne nationale de 7'033 kWh (2015. Office fédéral de l'Environnement). Comment est-ce possible? S'il n'existe pas encore d'études sur le sujet, plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. Les espaces partagés sont autant de lieux qui ne sont pas «dupliqués» dans chaque appartement. Cela induit forcément une baisse de consommation d'énergie. Par ailleurs, la plupart des bâtiments sont soit alimentés à 100% en énergie renouvelable, soit construits selon des normes énergétiques poussées. Par ailleurs, la possibilité de jouir d'espaces partagés permet de réduire la taille des appartements. En moyenne à 36m2 par personne en coopérative contre 52 en propriété et 42 en location, relaye LaRevueDurable. Autant d'énergie grise préservée à la construction, à l'utilisation et à la démolition d'un bâtiment.

Date:28.03.2019
Parution: 942

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