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Vevey veut ouvrir ses magasins le dimanche

Fête des Vignerons Du 1er juin à la fin de l'événement, des commerçants souhaitent pouvoir accueillir leurs clients jusqu'à 20h en semaine et le dimanche de 10h à 18h. Le Conseil communal a soutenu une demande PLR en ce sens le 28 mars. Le syndicat Unia refuse d'entrer en matière pour la période qui précède la Fête, ainsi que pour les dimanches.

Etendre les horaires des magasins pendant la Fête des Vignerons ne permettrait pas aux marchands de rattraper leurs pertes du début de l'année, mais de gagner en visibilité, estime le PLR.

Texte et photo: Amit Juillard

Les commerçants veveysans souffrent. Pointés du doigt, les travaux liés à la Fête des Vignerons (Le Régional 933). Depuis le début de l'année, la Municipalité a mis en place des mesures pour aider les marchands. Entre autres: service de livraison à domicile, ligne de bus gratuite les samedis et un versement de 200'000 frs à l'Association des commerçants veveysans (ACV). La moitié de cette somme est utilisée pour le «Pop Up Market» du samedi à la Place Scanavin, mise à disposition gratuitement jusqu'au 15 juin. Pas suffisant? Lors du Conseil communal du 28 mars, les libéraux-radicaux déposent un postulat. Le parti souhaite permettre aux enseignes d'ouvrir tous les jours jusqu'à 20h et le dimanche de 10 à 18h durant la Fête des Vignerons. «Ils (réd: les détaillants) ne rattraperont certainement pas les chiffres d'affaires perdus, regrette Antonio Cambes à la tribune. Mais ils gagneront en visibilité et en notoriété pour le futur.»

Extrême gauche défaite

Alain Gonthier (Décroissance-Alternatives) bondit. «Ce serait permettre aux magasins de forcer leurs employés à travailler plus tard et d'ainsi les priver de participer à la Fête!» La réponse fuse: «J'ai un fils de 22 ans qui cherche un job d'étudiant pour l'été; il ne demande que ça, rétorque Patrick Bertschy, chef du groupe PLR. Ça ne relève pas de notre lubie, c'est une demande de certains commerces». Le municipal PLR de la police Etienne Rivier confirme: «La Municipalité soutient ce postulat. En parallèle, nous avons reçu une demande en ce sens de la SIC (réd: Société industrielle et commerciale de Vevey et environs) et de l'ACV.» Au vote, une large majorité accepte le texte. Avec l'appui des Verts et des socialistes, au grand dam de l'extrême gauche.

«La Municipalité étudie toutes les possibilités, assure Etienne Rivier, joint au lendemain de la séance. Mais elle a de gros doutes sur les ouvertures dominicales.» Le règlement communal permet exceptionnellement aux magasins de fermer plus tard durant «une manifestation d'une ampleur particulière». Mais pas avant, comme demandé par la SIC dans son courrier. Le texte ne fait en outre pas mention du dimanche. «En l'état, le règlement ne permet pas une ouverture des magasins le dimanche», tranche Sébastien Piu, chef des services généraux de l'Association Sécurité Riviera. Lors de la dernière célébration, en 1999, seules les échoppes familiales avaient pu travailler le septième jour. Normal, elles sont autorisées à le faire en tout temps.

« Compensation pour les pertes financières »

«Les mesures prises par tous les acteurs jusqu'à présent ne sont pas suffisantes, déplore Roland Jungo, directeur du centre Saint-Antoine, abritant Manor, poids lourd de la SIC. A Vevey, le commerce de détail souffre déjà maintenant. Une ouverture jusqu'à 20h depuis le 1er juin (réd: soit plus de six semaines avant le début de la manifestation) et les quatre dimanches de la Fête des Vignerons serait une sorte de compensation pour les pertes financières importantes.» Impossible toutefois d'obtenir des chiffres précis.

«Si c'est une possibilité et non une obligation, je suis toujours pour une prolongation des horaires en semaine et le samedi, appuie Laurent Addor, président de l'ACV. Si toute une rue joue le jeu, ça vaut la peine. Pour le dimanche en revanche, je ne suis pas forcément pour...» Au sujet des difficultés rencontrées par les marchands, Laurent Addor adopte une posture différente. «Il faudra faire le point à la fin du mois d'octobre. Il ne faut pas se plaindre, il faut positiver et aller de l'avant. Il faut par exemple arrêter de dire qu'il y a des problèmes pour se parquer à Vevey. Ce n'est pas vrai.»

« Pas de discussion possible »

La Municipalité a consulté le syndicat Unia. «Nous n'avons pas encore de position définitive parce que nous n'avons pas rencontré les commerçants ni consulté le personnel de vente, avertit Maurizio Colella, secrétaire syndical. Le règlement permet une ouverture prolongée durant la manifestation. En revanche, il n'y a pas de discussion possible pour la période qui précède la Fête. De manière générale, pour que nous puissions négocier, il faut mettre en place un dispositif de contrôle contraignant puisqu'il n'y a pas de convention collective.» Le syndicat est en outre opposé à toute ouverture dominicale. «Les semaines de la Fête vont être intenses pour les employés. Ils auront besoin de se reposer le dimanche et voudront éventuellement profiter de la Fête.» «Les gens ne travailleraient de toute façon pas davantage, les contrats seraient respectés, réplique Roland Jungo. D'autre part, si les chiffres d'affaires ne sont pas atteints, il sera plus difficile de maintenir des places de travail!» La Municipalité prévoit de réunir les différents partenaires durant la semaine du 8 avril. Pour mémoire, une autre demande des boutiquiers est pendante: prolonger les horaires les samedis jusqu'à 18h, au lieu de 17h actuellement. Dans un premier temps déposé, le préavis en ce sens avait été retiré par l'Exécutif en décembre. Notamment après que le syndicat Unia avait agité la menace d'un référendum (Le Régional 928).

Date:04.04.2019
Parution: 943

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