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2m2c: l'impossible compromis?

Montreux Des groupes de travail interpartis seront formés le 29 avril. Objectif: construire un projet de rénovation du Centre de Congrès capable de séduire une large majorité. Avec trois options: le statu quo, une version légèrement remaniée ou un nouveau concept. En parallèle, Montreux Libre et des citoyens contestent, via recours, l'annulation du vote du 10 février.

Des élus PLR et socialistes  sont notamment à l'origine de l'annulation du scrutin, a appris Le Régional. Archives/S. Giampetruzzi

Amit Juillard

Le 28 mars, tous les partis du Conseil communal se sont réunis à l'invitation de la Municipalité. Objectif: élaborer un projet plus fédérateur pour le Centre de Congrès (2m2c). Personne ne le nie, le bâtiment doit être mis aux normes. Trois solutions se profilent aujourd'hui: présenter le même projet à la population; y ajouter certaines demandes des opposants, ou enfin, la Municipalité en propose un nouveau au Conseil communal.

Jusqu'au Tribunal fédéral?

Pour rappel, le concept initial était devisé à 87 mios, répartis entre divers acteurs, dont 27 mios à la charge de la Ville pour la sécurisation. Le solde, 60 mios, pour la mise aux normes et le développement, aux frais du secteur hôtelier, via une taxe de séjour, et de la société d'exploitation du 2m2c, avec entre autres l'aide du Canton. Le 10 février, les Montreusiens avaient refusé sa rénovation. Par 94 voix d'écart. Depuis, le scrutin a été annulé par le Conseil d'Etat, sur recours de 97 citoyens, dont notamment des élus PLR et socialistes, a appris Le Régional. Mais Montreux Libre, fer de lance des opposants, et des habitants contestent désormais cette décision devant la Cour constitutionnelle (lire encadré). Le Tribunal fédéral pourrait avoir le dernier mot.

«Il s'agit d'abord de savoir si le délai de traitement juridique risque d'être long ou pas, amorce Caleb Walther, municipal vert des installations. Il y a urgence, les milieux économique et culturel doivent avoir des réponses. Ensuite, nous devrons évaluer la pertinence de demander au Conseil communal de casser sa première décision (réd: le préavis refusé lors du référendum populaire) et de lui présenter un nouveau projet.» En clair, définir si l'élaboration d'une nouvelle mouture permettrait d'aller plus vite que la justice.

Groupes de travail interpartis

Le 29 avril, des groupes de travail interpartis seront formés autour de thèmes de réflexion. Probablement liés aux revendications des vainqueurs de la votation, les écologistes et Montreux Libre. «Les éléments du projet doivent tous être réexaminés afin de pouvoir réaliser une remise aux normes aux coûts raisonnables, explique Florian Chiaradia, président des Verts. Nous voulons également un pôle culturel avec des activités qui profitent à la population dans une partie des bâtiments, que nous jugeons surdimensionnés par rapport aux besoins.»

«Nous optons pour un nouveau «plan A» moins cher, avec davantage d'argent du Canton, abonde Susanne Lauber Fürst, présidente de Montreux Libre. 1,7 million comme initialement prévu, c'est dérisoire. Par ailleurs, nous voulons un concept de mobilité. Que faire pour fluidifier le trafic et libérer les quais? Comment aider les exploitants et leurs véhicules?»

«Davantage de transparence»

L'UDC partage les positions de Montreux Libre. «Nous voulons aussi davantage de transparence dans la gouvernance du 2m2c, ajoute Tal Luder, son président. Et il faudra avoir des contacts avec des experts pour savoir ce qu'il est vraiment nécessaire de faire pour la mise aux normes incendie et sismiques.»

«Le groupe socialiste ne s'est pas encore positionné, avertit Irina Gote, présidente du parti. Mais pour que la population se sente davantage concernée, il faudrait une salle à l'intérieur du 2m2c pour les sociétés locales, un lieu de rassemblement. Concernant le financement en revanche, je ne vois pas comment la part communale pourrait être réduite.»

«Le premier projet était le bon»

Face aux différentes revendications, Florian Despond, vice-président du PLR, est sceptique. «Je pense que le premier projet était le bon. Il a été refusé à cause des mensonges dits pendant la campagne. Des gens croyaient que le projet coûtait 100 mios à la Commune! Si nous revotions aujourd'hui, nous gagnerions.»

Mais l'élu concède, à titre personnel, que des adaptations sont nécessaires. «Dans l'idéal, il faudrait un deuxième projet qui inclue certaines des demandes des opposants, sans tomber dans le populisme. Comme des prix préférentiels pour les Montreusiens ou une ouverture du 2m2c pour les associations.» Pour le reste, ça coince. «Au sujet du concept de mobilité, je signale qu'il n'y a pas de problème de places de parc à Montreux. Sauf pendant le Jazz ou le marché de Noël. Et ça ne fait plus aucun sens de construire des parkings au centre-ville aujourd'hui. Quant au pôle culturel, il faut le faire dans la vieille ville touristique!» Impossible d'autre part de rénover à moindre coût, assure le libéral-radical: «Nous pourrions demander davantage au Canton. Mais ça prendrait du temps. L'urgence pour les milieux hôteliers et l'économie est une réalité. Les congrès, ça se vend une année ou deux ans à l'avance. Vu les perspectives, des prestataires de services n'ont déjà plus de travail après 2020.» Les fronts sont figés. Le consensus, mission difficile.

Date:11.04.2019
Parution: 944

Recours contre l'annulation du vote: «Nous rendons service à la Municipalité»

Des membres de Montreux Libre et des citoyens ont déposé des recours contre l'annulation de la votation du 10 février sur la rénovation du Centre de Congrès (2m2c). Dans un communiqué, le parti émet «de très forts doutes sur la recevabilité» des recours ayant conduit le Conseil d'Etat à prendre cette décision. Pour les centristes, les 97 recours, notamment déposés par des élus PLR et socialistes après le vote, ont été envoyés trop tard. Pour mémoire, le Château juge le scrutin (50,7% de non) caduc à cause d'un couac administratif. 1'397 électeurs étrangers sur 4'455 n'ont jamais reçu leur matériel de vote.

Pour Montreux Libre, principal partisan du non avec Les Verts, cette action devant la Cour constitutionnelle doit permettre à l'Exécutif de présenter un nouveau projet. Sans attendre le résultat d'une procédure juridique potentiellement longue. «Nous rendons ainsi service à la Municipalité, assure Suzanne Lauber Fürst, présidente du parti. Sans ces recours, la population aurait dû revoter sur le même projet.»

«Il est faux de dire que ça permet d'accélérer le processus et de clarifier la situation, lâche au téléphone Caleb Walther (Les Verts), municipal des installations. Au contraire, ça la complique.» Autre critique: «Je n'arrive pas à saisir la démarche, glisse Irina Gote, présidente du parti socialiste. Ils avaient fait des recours pour les mêmes raisons avant le vote, mais les avaient retirés après avoir gagné la votation.» La réponse fuse: «Si les délais pour déposer des recours ne sont pas respectés, ce cas fera école et nous pourrions avoir des pluies de recours après chaque dimanche de votation», s'alarme Suzanne Lauber Fürst.

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