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«Le houblon se sent bien chez nous»

Les Dévens-sur-Bex Deux habitants du hameau lancent «La Houblonnière du Chablais». Objectif: fournir les micro-brasseries, en pleine expansion, de matière première locale. Visite chez le paysagiste Laurent Guex, qui agrandit son périmètre de culture après un essai réussi l'an dernier.

Pour aménager sa houblonnière, Laurent Guex utilise essentiellement des matériaux de récupération.

Texte et photo: Valérie Passello

Perché sur une nacelle à un peu moins de dix mètres du sol, Laurent Guex s'emploie à tirer des câbles entre des poteaux. On croirait presque à une installation électrique au beau milieu d'un pré. Mais il n'en est rien. Le paysagiste des Dévens-sur-Bex est en train d'aménager une houblonnière sur le terrain qui jouxte sa maison. «Ça bouge!», s'exclame-t-il depuis son perchoir. Quelques manœuvres plus tard, le bras articulé redescend et voilà Laurent Guex sur le plancher des vaches.

Mais quelle idée de planter du houblon dans ce hameau des hauts de Bex? «Il n'y a que très peu de cultures en Suisse, alors que les micro-brasseries sont en pleine expansion, raconte l'intéressé. Avec un voisin, Michaël Siggen, nous avons décidé de créer ensemble La Houblonnière du Chablais et d'en cultiver sur nos parcelles respectives.»

Sitôt dit, sitôt fait. Une première récolte en 2018 s'est avérée concluante, se réjouit le paysagiste: «Manifestement, le houblon se sent bien chez nous, il pousse parfaitement.» La proximité de la brasserie La Mine n'est pas étrangère à cette initiative, confie Michaël Siggen, mécanicien de profession, qui agrandit lui aussi ce printemps son espace dévolu à la culture du houblon: «Les membres de la coopérative sont des amis, quasiment tout le monde vient des Dévens. Comme La Mine cherchait à produire une bière 100% locale, nous nous sommes lancés.»

La hauteur fait le goût

Une fois que Laurent Guex aura tendu tous ses câbles, des fils de coco y seront suspendus et descendront jusqu'au sol. Le houblon, qui est une plante grimpante, s'enroulera alors autour de ces cordelettes pour atteindre 6 à 8 mètres de haut. «Il faut qu'il arrive à cette hauteur, car c'est là que les bourgeons contiennent de la lupuline, une substance qui donne son amertume et son arôme à la bière», précise le cultivateur. C'est aux alentours de septembre-octobre que les cônes -les fleurs du houblon- seront récoltés, puis séchés pendant trois à quatre jours, avant d'être commercialisés. «Nous nous sommes mis d'accord avec un fournisseur polonais pour acheter une trieuse à houblon, la machine arrivera cet été», annonce encore Laurent Guex.

Sur les deux terrains, l'un de 800 m2 et l'autre de 600 m2, où seront cultivés quelque 700 plants de houblon en tout, une production d'une centaine de kilos de cônes est espérée cette année. «L'an prochain, nous aimerions arriver à environ 300 à 400 kilos», précise Michaël Siggen. En principe, il faut plusieurs années pour que la plante arrive à un rendement maximum.

En plus de la Mine, des contacts ont été pris avec d'autres micro-brasseries, comme Malternative de Martigny ou Lynx Movement à Bex. Laurent Guex explique: «Notre intention est de distribuer notre houblon de la manière la plus locale possible. Son prix, environ 70 frs le kilo, sera plus élevé que le houblon importé de l'étranger, qui se situe aux alentours de 40 frs. Mais nous sommes confiants, car la dimension régionale est un facteur important pour certaines brasseries artisanales.» Autre atout de taille: la culture houblonnière des Dévens-sur-Bex se fait sans traitement. Les deux compères espèrent d'ailleurs obtenir le label BIO, à terme.

Date:11.04.2019
Parution: 944

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