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Le drone séduit pour traiter la vigne

Saint-Saphorin Les vignes communales seront traitées par une nouvelle génération de drones, dont la précision à 5 cm près permet de pulvériser le 100% des produits sur la vigne et pas chez les voisins. Avec l'hélicoptère, le ratio vigne-perte est de 40% et 60%.

Les drones sont déjà «autonomes». La vitesse et le trajet peuvent être programmés mais la législation oblige pour l'instant la présence d'un «pilote». DR

Magaly Mavilia

Successeur de Pierre Fontannaz, qui sera peut-être couronné à la Fête des Vignerons avant d'entamer sa retraite, Thierry Bron gère les vignes communales depuis le 1er novembre 2018. En tant que membre du comité Hélisulfate de Saint-Saphorin, il est convaincu du bien-fondé de l'utilisation du drone: «Il est spécifiquement utile pour les parcelles difficiles d'accès où l'épandage doit se faire à dos d'homme et où les chenillettes ne peuvent pas passer.»

Pas de dérive

La législation interdit le passage des hélicoptères à moins de 30 à 60 mètres des maisons, des ruisseaux et des routes. «Or, la plupart des vignerons ont une maison et une source sur leur parcelle qui se trouvent près d'une route», relève le jeune vigneron. Pour le drone, cette exigence est limitée de 3 à 6 mètres. Pourquoi? «En volant à 1,5 m de la vigne, la dérive du produit est très faible, de 5 à grand maximum 30 cm contre jusqu'à 2 km pour l'hélicoptère. Et le drone ronronne à peine plus fort qu'un gros bourdon», explique Didier Berset, directeur technique d'AgroFly. Conséquence: moins de perte, puisque le 100% du traitement va sur la vigne et non chez les voisins. Avec l'hélicoptère, le ratio vigne-perte est de 40% et 60%.

Cette précision permet ainsi de respecter les parcelles bio de celles qui sont traitées avec des produits phytosanitaires. Et si les vignes communales ne sont pas encore certifiées bio, le tâcheron précise: «Tous les produits de traitement que nous utilisons sont naturels, à l'exception d'un seul, qui était labelisé bio mais qui ne l'est plus pour une infime partie non conforme».

L'union fait le prix

Gain de temps, gain d'argent aussi? «Pour l'instant, c'est encore un peu plus cher que l'hélicoptère», reconnaît le vigneron. «Le fait est que nous ne traitons qu'une petite surface, mais si l'équipe d'Agrofly se déplace pour plusieurs parcelles, les prix vont baisser. De toute façon, les prix ne peuvent que baisser avec la croissance de la demande». Le but est donc de rassembler un maximum de vignerons pour grouper les commandes. C'est la raison pour laquelle Thierry Bron prévoit une démonstration didactique cet été, sous l'égide du comité Hélisulfate et AgroFly, afin de présenter aux vignerons de la région les avantages de ces gros bourdons. Une délégation de l'école de Changins sera de la partie.

Par contre, le vigneron gagne sur deux autres tableaux: «Lors d'un traitement à dos d'hommes, il faut compter environ 300 litres de produit pour 1 hectare, avec le drone, 100 litres suffisent», informe Didier Berset. Autre avantage, la rapidité d'intervention. «Nous pouvons être sur place dans l'heure qui suit une averse», assure le spécialiste.

Vers des drones autonomes?

«Il est possible de programmer le vol du drone d'un point à un autre ainsi que sa vitesse. Il peut donc faire le travail tout seul, mais la législation nous oblige à être présents», souligne Didier Berset. Le drone autonome, c'est l'avenir? «Oui, c'est clair», affirme le spécialiste. «Mais d'une part, nous n'en sommes pas encore là et d'autre part, il faut préciser que le drone ne remplace pas l'hélicoptère qui aura toujours sa raison d'être dans certaines situations. Il est plus rapide. Le drone permet toutefois de traiter 3'500 m2 en 12 minutes.»

Date:18.04.2019
Parution: 945

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