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Eviter l'hôpital grâce à son téléphone portable

Numérisation La télémédecine offre un suivi médical à distance. Et fait aujourd'hui son apparition dans le secteur des soins à domicile. Basée à Aigle, l'entreprise SwissAgiSan s'associe par exemple à une plateforme portugaise pour lancer des projets pilotes.

Grâce à un dispositif connecté, les données médicales sont envoyées directement au médecin traitant.

Amit Juillard

La télémédecine, une solution à la hausse des coûts de la santé? Imaginez: Jacques* est diabétique. Tous les jours, il dépose une goutte de son sang sur une languette. Un petit dispositif l'analyse et envoie ses données sur une application présente sur son téléphone portable. Dans le même temps, chaque mesure s'inscrit dans son dossier médical. Tant auprès d'un centre d'appel de contrôle que chez son médecin. Au moindre signe d'anomalie, des alertes. Selon la gravité de la situation, son téléphone lui envoie un message pour l'alerter. Ou lui ordonne d'aller consulter. De l'autre côté, le centre d'appel ou le docteur peuvent intervenir. Parfois même à travers l'écran, le temps d'une «téléconsultation».

«Prévenir, moins cher que guérir»

«Avec un tel système, qui anticipe les risques, la sécurité des patients est améliorée et les coûts de la santé baissent, explique Joaquim Mateus, directeur de SwissAgiSan, entreprise de soins à domicile basée à Aigle. Prévenir est moins cher que guérir.» En 2019, sa société se lance. Dès juillet, trois projets pilotes seront lancés avec environ cinquante clients connectés à la plateforme portugaise Hope Care. Laquelle permettra à SwissAgiSan de surveiller à distance leur état de santé, en tout temps. «Ça concerne essentiellement les personnes atteintes d'une pathologie chronique, développe-t-il. Cette connectivité est au service du maintien à domicile. Une étude menée par l'Hôpital universitaire de Coimbra au Portugal, sur 30 patients atteints de BCPO (réd: bronchopneumopathie chronique obstructive), montre que les réadmissions baissent de 50% et les séjours aux urgences de 30%. L'hôpital à la maison dont on parle beaucoup devient réalité grâce à cette connectivité.»

«Les assurances prendront en charge»

Joaquim Mateus, actif dans la santé et dans la région depuis 27 ans, tente de convaincre des laboratoires, des médecins, des cliniques privées ou encore un centre universitaire d'adopter ce système. A titre de comparaison, cinq hôpitaux publics lusitaniens utilisent Hope Care, créée en 2012. «En Suisse, ce sont les débuts et le service n'est pas remboursé, déplore le patron. Mais l'économie potentielle est telle (réd: par rapport à une hospitalisation) que les assurances prendront probablement ces frais en charge. En outre, la protection des données est assurée par le label Tüv Rheinland.» Avec ce nouveau pan «télémédecine», SwissAgiSan élargit sa palette de services. «Au-delà de ce volet avant-gardiste et des soins à domicile, nous offrons entre autres des services de bien-être et de confort ainsi que des activités individuelles ou en groupe, énumère Joaquim Mateus. Sans oublier que nous pouvons également intervenir chez les patients, pour adapter leur intérieur et installer une poignée de sécurité, par exemple. Notre mission est d'améliorer la qualité de vie et de préserver l'autonomie de toutes les personnes fragilisées dans leur santé.» Fondée en 2018, la société est reconnue par la Santé publique vaudoise et fribourgeoise. Pour l'heure active sur la Riviera, dans le Chablais, la Veveyse, Fribourg ou encore Bulle, SwissAgiSan compte partir à l'assaut du Valais.

*Prénom fictif

Date:18.04.2019
Parution: 945

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