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À la recherche de la ligne parfaite

Aigle Une exposition consacrée au peintre Edouard Morerod, natif de la ville et décédé il y a cent ans, est à voir à l'Espace Graffenried jusqu'au 7 septembre.

Jacques Dominique Rouiller aux côtés du dessin aquarellé qui lui a fait découvrir l'œuvre du peintre.DR

Textes et photo : Valérie Passello

«Edouard Morerod, d'ici et d'ailleurs» c'est le titre de l'exposition à voir à l'Espace Graffenried, dans l'ancienne Maison de Ville aiglonne. Dans cet écrin flambant neuf, différents axes de l'œuvre du peintre sont explorés. De ses débuts à Aigle où il voit le jour le 16 mai 1879, à ses voyages à Paris, en Espagne et au Maroc. Co-commissaire de l'exposition, Jacques Dominique Rouiller est aussi le président de l'Association des Amis d'Edouard Morerod: «C'est à travers un dessin aquarellé illustrant le Salon des Novedades à Séville, que j'ai tiré le fil d'une pelote qui allait me faire découvrir une mine insoupçonnée. De nombreuses huiles sur toile, ainsi qu'une multitude de dessins», raconte-t-il. Des dessins? En une vingtaine d'années consacrées à l'art pictural, Morerod en aurait produit des milliers, pour environ 300 peintures. Sans être exhaustive, l'exposition laisse entrevoir un homme en perpétuelle quête d'idéal, de perfection, dessinant et redessinant des modèles qui le fascinaient, comme la fameuse Pastora, dont plusieurs représentations se succèdent sur les cimaises. Un artiste proche des gens, selon Jaques Dominique Rouiller: «Morerod trempait son pinceau dans la pâte humaine, relève-t-il. Il parvenait à entrer chez les gens pour en faire le portrait sur le vif, à approcher des modèles dans la rue, comme les mendiants aveugles à Tanger par exemple.»

Une vie de misère

Entre les huiles représentant tantôt le Chamossaire, tantôt des vendeuses de pain au Maroc, les crayonnés et les pastels croquant des personnages tous plus typiques les uns que les autres, chaque visiteur devrait y trouver son compte en parcourant l'Espace Graffenried. À l'instar de l'historienne de l'art et chargée d'exposition de la ville d'Aigle, Maéva Besse, note Jaques Dominique Rouiller: «Son enthousiasme m'a surpris, elle s'est très vite passionnée pour le travail du peintre», se réjouit-il. Pourtant, s'il a traversé des périodes de réussite et de reconnaissance, l'artiste a aussi et surtout vécu des heures sombres et misérables. Il les évoque dans ses journaux, dont certains extraits sont également visibles à Aigle. Orphelin à 12 ans, Edouard Morerod n'aura de cesse que de s'en aller chercher ailleurs l'authenticité de la vie. Atteint de tuberculose, il meurt à Lausanne le 22 juillet 1919, après avoir tenté de se soigner à Leysin, mais sans jamais totalement renoncer à ses voyages. «Indéniablement, il a quitté cette terre sans avoir atteint le sommet de son art», considère Jacques Dominique Rouiller. Le talent, lui, était bien présent dans la main de Morerod dès ses débuts, à découvrir absolument à Aigle jusqu'au 7 septembre.

Date:25.04.2019
Parution: 946

Conférences et activités autour de l'artiste

Ce 25 avril de 14h à 16h ainsi que le 11 juillet et le 8 août, l'Espace Graffenried propose un atelier aux enfants de 6 à 12 ans, afin de leur faire découvrir la magie de l'art et d'exprimer leur côté artistique. Un goûter leur sera également servi.

Deux conférences sont aussi proposées en marge de l'exposition: le 9 mai à 18h30, Jacques Dominique Rouiller présentera «Edouard Morerod, l'art comme un baume» et le 6 juin à 18h30, au tour de Florence Millioud Henriques de s'exprimer sur le thème: «Desseins résistants- dessins nomades».

Des visites commentées gratuites sont prévues les 2 mai et 7 septembre, de même qu'une visite lunch, avec votre sandwich, le 13 juin.

Informations: www.aigle.ch

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