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Qui construira le plus beau village olympique ?

Lausanne Trois étudiants de l'EPFL fondent l'association CIEL pour questionner les enjeux du développement durable à travers un concours interdisciplinaire. Enjeux: concevoir en 24 heures un village olympique alliant technologie, innovation et respect de l'environnement. Un événement organisé en partenariat avec le Comité International Olympique (CIO). A découvrir les 3 et 4 mai à l'EPFL.

A travers ce concours, l'association CIEL propose de répondre de manière innovante, responsable et durable aux problèmes de la ville candidate, mais aussi et surtout de toute la société du XXIème siècle.

Magaly Mavilia

Autour de ce concours, la cérémonie d'ouverture, la remise des prix ainsi que des conférences et des expositions invitent le public à s'immerger dans une problématique d'actualité. Celle du développement durable et de l'innovation dans la construction, le sport et de manière plus large, dans l'événementiel (voir encadré). A l'issue de la présentation des projets, le public sera convié à voter via une application.

Ainsi, les meilleurs concepts de village olympique recevront le Prix du Public et le Prix du Jury. Ce dernier réunit, entre autres, des organisateurs des Jeux Olympiques de Paris 2024, des athlètes olympiques et paralympiques et la Responsable de la durabilité du Comité International Olympique (CIO). Un Prix du Comité sera remis à trois personnes qui auront été particulièrement proactives à la bonne entente et au succès du projet de l'équipe. Plusieurs expositions post-concours et une publication des travaux finaux complèteront l'événement.

La durabilité passe par la collaboration

«L'un des objectifs principaux de l'association CIEL, outre de donner l'opportunité à des étudiants du monde entier de vivre une expérience interdisciplinaire unique et enrichissante, de faciliter la communication entre les écoles participantes et de faire découvrir le campus de l'EPFL-Unil ou plus généralement la Suisse aux participants étrangers, reste sans doute celui de sensibiliser les acteurs de demain aux enjeux environnementaux», expliquent les fondateurs de l'association CIEL (Concours Interdisciplinaire Etudiant de Lausanne).

Il ne s'agit pas d'un affrontement de hautes écoles mais de collaborations d'équipes interdisciplinaires. Ainsi, chacun des domaines d'étude présents, allant de l'architecture à l'hôtellerie, en passant par le génie civil, l'urbanisme, la communication et la sociologie, devra apparaître dans le projet final. Les six équipes sont composées de huit étudiants issus des hautes écoles ayant répondu au défi: l'EPFL, l'Université de Genève, l'Université américaine de Beirut, Politecnico de Turin, l'Ecole Hôtelière de Lausanne et l'Ecole romande d'arts et communication (Eracom).

Des JO plus durables

«Au CIO, nous croyons au pouvoir de l'éducation, de l'innovation et de la jeunesse», indique Michelle Lemaitre, Responsable de la durabilité au CIO et membre du jury. «Ce concours nous aidera certainement à libérer ce pouvoir. Nous attendons avec impatience les résultats de cette compétition et nous sommes certains qu'ils contribueront à notre objectif de rendre les futurs Jeux olympiques plus flexibles, plus abordables et plus durables.» En plus d'un partenariat avec le CIO, le concours s'inscrit dans les célébrations du 50ème anniversaire de l'EPFL et a obtenu plusieurs soutiens internes et externes, dont celui du Yunus Sports Hub et de la Fondation Solar Impulse.

Favoriser l'interdisciplinarité

Derrière ce concours se trouvent trois étudiants de l'EPFL passionnés de sports et d'olympisme. Tous trois pratiquent un sport en compétition: le tennis pour Clémence Thimonier et le rugby pour Thaïs Lindemann et François-Xavier del Valle. «Tout a démarré en 2017 après notre participation à un concours sur «La restauration en 2030», organisé par l'Ecole Hôtelière de Lausanne», explique François-Xavier, étudiant en architecture. «Clémence et moi l'avons trouvé très enrichissant sur le plan humain et avons réalisé que le format du hackathon, avec sa limite de 24 heures, favorisait l'interdisciplinarité. Il oblige à dépasser nos a priori sur d'autres sujets d'études que le nôtre.»

Le concours n'ayant pas connu de suite, l'arrivée de Thaïs, étudiante en sciences de la vie, permet de lancer leur propre édition en lien avec les Jeux Olympiques. Ensemble, ils fondent l'association CIEL, aujourd'hui constituée d'une trentaine de membres. «Le thème des Jeux olympiques s'est vite imposé car, à l'époque, la ville de Sion était candidate et parce que Lausanne, siège du CIO et Capitale olympique, accueillera en 2020 les Jeux Olympiques de la Jeunesse», précise Clémence.

Des thématiques de société

L'apport innovant de ce concours s'inscrit principalement dans les thématiques abordées, les enjeux environnementaux et technologiques. «C'est une occasion, un levier pour répondre de manière innovante, responsable et durable aux problèmes de la ville candidate, mais aussi et surtout de toute la société du XXIe siècle», souligne le comité de CIEL. Sport, durabilité, santé, économie, sociologie, alimentation, commerces ou logements, sont autant d'éléments qui participent à ce microcosme urbain, national et même international, d'une richesse indéniable. «C'est sur cette richesse que nous misons pour rassembler les acteurs et penseurs de demain, représentés par les étudiants dont la diversité, de nationalités et de domaines d'études, est un écho. La complémentarité des corps de métier sera notamment renforcée par le format du concours, qui, en 24h, saura intensifier les interactions entre les participants tout en leur faisant prendre conscience des atouts que chacun peut apporter au projet», explique les trois étudiants.

Un événement «zéro déchet»

«Imaginer un village olympique durable, mais surtout le microcosme de ville qu'il représente, nous a semblé être un sujet idéal pour réunir les acteurs de demain», précise Clémence.

La durabilité est un concept et un enjeu global. C'est pourquoi, au-delà des infrastructures et des structures mêmes du village, les organisateurs ont considéré l'impact environnemental de l'événement autour du concours qui aura lieu à Lausanne. «Il ne serait pas cohérent de rassembler 72 étudiants pour réfléchir aux enjeux de la durabilité sans se soucier de l'impact environnemental d'un tel évènement», soulignent les organisateurs. «Ainsi, nous relevons le défi de la durabilité et de l'éco-responsabilité dans l'organisation même de la compétition, afin de démontrer qu'il est possible d'y intégrer toutes les réflexions écologiques sans dénaturer l'événement.»

Date:25.04.2019
Parution: 946

Les projets seront exposés à l'EPFL

Le 3 mai dès 13h, une série de conférences publiques sur l'olympisme et le développement durable se tiendront en ouverture de l'événement au Forum du Rolex Learning Center. Les équipes recevront ensuite un soutien de formateurs professionnels avant de démarrer vers 17h leur brainstorming de 24 heures. A noter que chaque école sera représentée par un référent académique (professeur ou chercheur). Le samedi 4 mai, le Forum ouvrira ses portes au public à 16h. Les présentations des projets démarreront à 17h45 et la remise des prix, à 20h30. Le public sera invité à voter via une application.

Les projets seront exposés une première fois du 28 au 29 mai à l'EPFL au Swiss Tech Convention Center, lors de l'événement «The Spot», organisé par le réseau «ThinkSport» implanté à Lausanne; puis le 5 juin, à l'occasion de l'événement «Sport Future», organisé par l'Institut de hautes études en administration publique (IDHEAP), en présence de Thomas Bach, président du CIO.

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