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Les autorités tentent de rassurer les ainés délogés

pully En 2017, la Commune annonçait la résiliation des baux d'une quinzaine de locataires âgés de plus de 80 ans, en vue de l'extension de l'EMS Pré de la Tour. Devant une levée de boucliers, un délai jusqu'en 2020 a finalement été accordé. Les autorités viennent de reprendre contact avec les sept locataires restants afin de les aider «dans la recherche d'une solution de relogement».

Devisé à 9 millions, le chantier d'extension de l'EMS Pré de la Tour pourrait être lancé fin 2021 ou début 2022. L. Mavilia

Magaly Mavilia

Déloger des personnes âgées pour construire un EMS... Paradoxalement, c'est la conséquence du projet d'extension de l'EMS Pré de la Tour dans l'immeuble adjacent. Le 29 avril, la Municipalité a fait parvenir un courrier aux locataires de l'immeuble no 4 de la Place Neuve dans le cadre de l'avancement du projet d'extension de l'EMS Pré de la Tour dans leur bâtiment, propriété de la Ville. «Il apparaît indispensable de prendre le temps utile à l'examen de votre situation afin de vous accompagner dans la recherche d'une solution de relogement adéquate pour vous, précise la lettre signée par Gil Reichen, syndic de Pully. C'est dans ce même état d'esprit, voulu depuis le début de notre démarche, que nous nous permettrons de prendre contact avec vous durant la deuxième partie de l'année en cours afin d'identifier vos besoins et trouver ensemble des solutions.» Le délai accordé par la Municipalité aux locataires prend fin, en effet, en 2020. Devisé à 9 millions, ce chantier pourrait être lancé fin 2021 ou début 2022.

«C'est de l'effronterie»

Pour les locataires – sur les 15 appartements de l'immeuble, sept sont encore occupés par des personnes avec un bail à durée déterminée – cette lettre est «floue». «Elle représente un retour à la case départ, déplore Jean-Claude Borgeaud, habitant dans l'immeuble et porte-parole de ses voisins. En fait, ce courrier nous dit qu'il nous appartient de trouver une solution mais que nous pouvons compter sur l'accompagnement de la commune. Le fardeau repose donc toujours sur les occupants de cet immeuble. Si nous étions dans la force de l'âge, ce ne serait pas un problème. Mais, dans la mesure où nous avons tous 80 ans et plus, c'est de l'effronterie», s'indigent les locataires, dont certains à mobilité très réduite.

Ce courrier arrive quelque vingt mois après l'annonce du projet en 2017. Dans l'intervalle rien n'a été proposé aux locataires qui voient les délais se raccourcir jusqu'à leur départ. «Les habitants qui restent ont plus de 80 ans. Vous imaginez un déménagement quand on a cet âge-là?», s'inquiète Annie Mumenthaler, «la petite jeune de l'immeuble» ironise-t-elle du haut de ses 75 ans. Contacté par Le Régional, le syndic Gil Reichen se veut rassurant: «Question logistique, un appui est envisageable. Quant à une prise en charge financière du déménagement et d'un éventuel écart de loyers, elle sera évaluée selon la situation de chacun».

«Une attente insupportable»

Depuis octobre 2017, c'est l'incertitude. Tout d'abord dans l'attente de l'accord de l'Etat de Vaud, sans lequel aucun projet de ce type ne peut avoir lieu. La lettre de la commune du 29 avril précise aux locataires: «Dans un premier temps, le Conseil d'Etat a inscrit le projet Pré de la Tour au programme cantonal de modernisation des établissements médico-sociaux (PIMEMS) pour la période 2017-2022. Puis, le Département de la santé et de l'action sociale a confirmé, il y a peu, son soutien et sa participation financière à ce projet.»

Une information qui attriste Jean-Claude Borgeaud: «Dans Le Matin du 13 octobre, Pierre-Yves Maillard avait pourtant annoncé que «l'Etat ne validera pas ce projet en l'absence de solutions qui conviennent à chacun». Contacté par Le Régional, ce même Pierre-Yves Maillard, ancien chef du Département de la santé et de l'action sociale qui vient de quitter ses fonctions, rectifie: «Si le projet est bien inscrit dans la planification des EMS du Canton de Vaud, le processus est loin d'être terminé. Le projet doit encore franchir deux étapes: celle de la validation du projet d'établissement puis l'autorisation de financement par le Conseil d'Etat. Je suis convaincu que les services concernés s'assureront que les engagements de la commune envers les locataires soient tenus.»

Date:16.05.2019
Parution: 949

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