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Un gîte de montagne au top énergétique

Bex La note de l'assainissement des installations de chauffage et de froid du refuge de Solalex gonfle de 100'000 frs par rapport au projet initial, retiré en décembre. Sur demande du législatif, la Municipalité a revu sa copie pour intégrer des améliorations en termes de consommation d'énergie du bâtiment.

Sis à 1'460 mètres d'altitude, le refuge de Solalex sera mieux isolé et possèdera un chauffage adapté à ses besoins.

Textes et photo: Valérie Passello

Bilan énergétique, études pour déterminer les mesures à prendre afin d'économiser de l'énergie ou d'éviter des déperditions de chaleur, devis auprès de plusieurs entreprises, la Municipalité a suivi les vœux du Conseil communal pour l'assainissement du refuge de Solalex. Ce gîte de montagne, perché à 1'460 mètres d'altitude et ouvert de mai à novembre, comprend un restaurant et des dortoirs. Il est loué à l'exploitant par la commune.

Quand s'est présenté, en décembre 2018, le projet de mettre à jour les installations de chaud et de froid du refuge, le législatif a manifesté son insatisfaction par rapport à la méthode choisie, qui proposait de procéder aux travaux sans passer par une étude de l'enveloppe du bâtiment dans les règles de l'art. Le conseiller PLR Philippe Sarda résumait l'opinion d'une majorité de l'assemblée en lançant: «Il faut penser à l'avenir, d'autant que Bex est Cité de l'énergie. Assumons, cela ne sert à rien de chauffer les prairies de Solalex!» L'absence d'un appel d'offres auprès de plusieurs entreprises avait aussi été critiquée. Le municipal des bâtiments Jean-François Cossetto avait alors décidé de retirer son préavis, avant que l'objet passe au vote.

Plus cher, mais plus économe

En revenant ce 15 mai avec une nouvelle mouture, l'exécutif démontre qu'il a entendu les desiderata de son législatif. La version soumise au vote du Conseil communal est devisée à 300'000 frs, soit environ 100'000 de plus que la précédente (voir encadré). Jean-François Cossetto détaille: «Sur ce montant, 40'000 frs sont destinés aux études, à l'élaboration du cahier des charges envoyé aux différentes entreprises, à l'établissement CECB plus (ndlr: certificat énergétique des bâtiments), ainsi qu'à la surveillance du chantier par un bureau d'architectes. Les 60'000 frs restants seront dévolus aux améliorations énergétiques, qui vont, en effet, générer des économies.» Le coût exact des différentes analyses est chiffré à 16'000 frs dans le préavis. Mais l'élu tempère: «On peut se demander s'il était vraiment judicieux de dépenser autant pour des études. Personnellement, mon idée était plutôt d'utiliser ces montants pour isoler le refuge au fur et à mesure.» Très satisfait de la démarche entreprise, le conseiller du groupe Ouverture Michael Dupertuis réagit: «Certes, c'est un peu plus cher, mais grâce à une réflexion en amont, le projet est optimal au niveau énergétique sur le long terme. Il permet d'installer une chaudière mieux dimensionnée et de limiter la consommation d'énergie. De plus, d'ici une quinzaine d'années, l'investissement sera rentabilisé.» À noter encore que des subventions de l'ordre de 22'000 frs devraient être allouées par la Direction générale de l'environnement pour le chauffage à pellets, ainsi que 8'800 frs pour l'isolation du rez-de-chaussée et du dortoir.

Loyer à revoir

Jean-François Cossetto précise que lors de rénovations ou d'interventions sur les bâtiments communaux, il est d'usage de procéder à une analyse énergétique: «Nous avons fait ce travail pour le stand de Vauvrise ou le nouveau dojo, étaye-t-il. Mais pour le refuge de Solalex, nous estimions que ça n'était pas nécessaire, car il y avait un faible potentiel d'améliorations. Par exemple, impossible d'intervenir sur les sols, les travaux seraient beaucoup trop lourds, ni d'isoler la façade sud, car cela dénaturerait la bâtisse.» Le Conseil communal, cette fois-ci, valide largement l'objet, par 47 oui et une abstention. Reste que le temps passé à réétudier le dossier n'a pas été sans conséquences financières. Depuis que l'ancien chauffage électrique, défaillant, a dû être démonté par mesure de sécurité, le locataire utilisait des radiateurs électriques mobiles, très gourmands en énergie. Pour exemple, sur les années 2016 et 2017, les charges liées au chauffage ont ainsi augmenté de plus de 10'000 frs au total. Enfin, le municipal des bâtiments rapporte: «Une fois que les travaux seront réalisés, la commune discutera d'une hausse de loyer avec l'exploitant, au vu des améliorations apportées.» Pour l'heure, ce dernier s'acquitte d'un loyer mensuel de 3'830 frs. Une hausse de l'ordre de 400 frs est envisagée, mais rien n'est encore figé pour l'instant.

Date:23.05.2019
Parution: 950

Projet 1

Chaudière à pellets de

60 kw

Chauffe-eau de

800 litres

Radiateurs à thermostats

Nouveau compresseur pour la production de froid

Coût total:

191'000 frs

Projet 2

Bilan énergétique du bâtiment

Chaudière à pellets de

35 kw

Chauffe-eau de

800 litres

Isolation périphérique du mur côté nord

Isolation des murs et de la toiture du dortoir

Radiateurs à thermostats

Nouveau groupe de froid avec une chambre de congélation de

12 m2

Coût total:

300'000 frs

Projet N°2

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