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Elle fait rimer création et sensibilisation

Monthey En recyclant d'anciens sacs plastique pour en faire de l'artisanat, Annick Becerra Monnier attire l'attention sur la problématique de l'excès de plastique dans notre quotidien.

Annick Becerra Monnier découpe des sacs en plastique pour les transformer en différents objets, comme ici un porte-monnaie ou une sacoche à bandoulière.

Textes et photo: Valérie Passello

Ciseaux en main, Annick Becerra Monnier découpe minutieusement un vieux cornet pour en obtenir un long ruban. Vivant à Monthey depuis une quinzaine d'années, cette Chaux-de-Fonnière d'origine est «tombée dans le plastique» un peu par hasard. Apercevant un sac particulier au bras d'une collègue, elle l'interpelle pour comprendre quelle en est la matière et comment il est fait. C'est ainsi qu'elle apprend une technique pour recycler le plastique et l'utiliser comme matière première, afin de créer différents objets. «J'ai trouvé ça génial. Je me suis d'abord fait un petit sac, puis on m'en a demandé dans mon entourage et, de fil en aiguille, ça a pris de l'ampleur.»

Et c'est en entrant par la porte de l'artisanat que cette mère au foyer réalise à quel point la surabondance de plastique impacte l'environnement au niveau mondial. «En m'intéressant à cette problématique, j'ai appris qu'un sac plastique est utilisé pendant 25 minutes en moyenne et que la plupart ne servent qu'une seule fois», raconte-t-elle.

Sans chercher à culpabiliser qui que ce soit, Annick n'hésite pas à aborder le sujet lorsqu'elle vend ses œuvres sur les marchés ou lorsqu'elle anime des ateliers créatifs: «Ce qui me plaît, ajoute-t-elle, notamment auprès des enfants ou des ados, c'est que le prétexte est tout trouvé pour leur montrer des images du continent de plastique et leur faire comprendre que tout ce qu'on jette par terre ou dans le lac finit un jour dans la mer. Récupérer cette matière pour fabriquer des objets, c'est aussi un moyen d'en faire quelque chose de positif.»

Dire non dans les magasins

Pour son activité, Annick Becerra Monnier a donc besoin de sacs en plastique. Mais hors de question pour elle de favoriser leur production ou leur distribution: «Je les refuse dans les commerces. D'ailleurs, je privilégie le vrac et j'achète généralement mes légumes au marché. Pour mes créations, je n'accepte que des sacs usagés, fournis par mon entourage et par différents contacts rencontrés sur les marchés ou au cours de mes ateliers. Je me suis aperçue qu'il y en a encore toute une montagne en circulation!»

Au fil du temps, la conscience environnementale de cette esthéticienne de formation se développe. Récemment, elle et son époux ont choisi de ne pas remplacer leur vieille voiture, mais d'utiliser les transports publics et le vélo électrique. «C'est une évolution qui se fait petit à petit, je dis toujours aux gens de ne pas tout changer d'un coup, sinon ils ne tiendront pas. Il faut commencer par des gestes simples qui nous tiennent à cœur. Personnellement, je me suis dit que je serais beaucoup plus crédible en faisant moi-même des efforts plutôt qu'en attendant que d'autres en fassent. Et finalement, c'est plus facile que ce que j'imaginais», témoigne-t-elle.

Enfin, depuis peu, Annick Becerra Monnier a décidé d'appliquer la politique du prix libre pour la vente de ses sacs, pochettes et autres créations. Ils ne sont pas gratuits, mais l'acheteur paie le montant qu'il estime juste. «Je fais rarement les choses comme tout le monde, sourit-elle. Je m'aperçois que ce système fonctionne bien. Même si certains sont un peu déstabilisés, cela permet à tout un chacun de se faire plaisir.»

lesplastiquesdannick.ch

Date:23.05.2019
Parution: 950

Une coopérative derrière la tête

Annick Becerra Monnier apprécie particulièrement de partager son savoir-faire. «En 2016, j’ai animé un atelier pour les migrants des foyers de Villars et Gryon. Nous ne parlions pas la même langue, mais nous avons ri et bien échangé à travers cette activité», se souvient-elle. Inspirée par des associations à but social comme Tricrochet à Genève ou les Filles du Facteur en France, la perspective de créer un jour une coopérative la tente: «Je ne lâche pas l’idée, cela dépendra beaucoup des rencontres et des opportunités qui se présenteront.» 

Une coopérative derrière la tête

Annick Becerra Monnier apprécie particulièrement de partager son savoir-faire. «En 2016, j'ai animé un atelier pour les migrants des foyers de Villars et Gryon. Nous ne parlions pas la même langue, mais nous avons ri et bien échangé à travers cette activité», se souvient-elle. Inspirée par des associations à but social comme Tricrochet à Genève ou les Filles du Facteur en France, la perspective de créer un jour une coopérative la tente: «Je ne lâche pas l'idée, cela dépendra beaucoup des rencontres et des opportunités qui se présenteront.»

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