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«Cet artiste ira loin»

L'Atelier De Grandi expose les peintures et dessins de l'artiste vaudois Casimir Reymond, connu d'abord en tant que sculpteur et dès son plus jeune âge salué par la critique. Certaines de ses œuvres sont montrées au public après un sommeil de plus de cent ans.

Casimir Reymond dans son atelier en 1914.DR

Corseaux

Priska Hess

Les Cariatides de marbre noir du Tribunal fédéral de Lausanne, le Monument aux soldats lausannois morts pour la patrie à Montbenon, la sensuelle Vendange dans le parc de Denantou, les bustes de Félix Vallotton, Ramuz ou du général Guisan; c'est lui. Car c'est d'abord en tant que sculpteur que Casimir Reymond s'est fait connaître et qu'il est passé à la postérité. «Mais qui sait que cet artiste, né au pied du Jura, avait commencé sa carrière comme peintre? En 1913, à peine âgé de vingt ans, il avait accroché plus de 180 peintures et dessins à la Grenette à Lausanne, qui lui valurent un éclatant succès. Un critique l'avait même salué comme un artiste exceptionnellement doué, qui irait loin et ferait parler de lui», selon l'historienne de l'art Edith Carey, curatrice de l'exposition que l'Atelier De Grandi consacre jusqu'au 18 août à Casimir Reymond. Après la rétrospective du Musée de Pully en 2007, suivie trois ans plus tard d'une importante monographie, cette exposition s'attache avant tout au peintre et au dessinateur, avec aussi l'intention de montrer que le sculpteur perce très tôt à travers sa peinture. Dévoilant certaines œuvres au public pour la première fois, ainsi que des sculptures petit format.

Liberté revendiquée

Eternel insatisfait, insatiable créateur, Casimir Reymond «n'a cessé de se chercher, d'explorer et d'expérimenter tout un éventail de styles et de registres», souligne la critique d'art Françoise Jaunin. Outre la peinture, le dessin et la sculpture, il a réalisé les vitraux d'une quinzaine de temples protestants. Partout cependant, une même force vitale que l'on ne peut manquer de ressentir en visitant l'exposition. Dans les toiles imposantes comme les Joueurs de cartes, les Forgerons et les Faucheurs, marquées par l'influence de Ferdinand Hodler – tout comme les peintures de vergers inspirés par la campagne vaudoise. Dans ces dessins de corps féminins, tantôt esquissés d'un trait fluide, tantôt vibrant comme en un champ magnétique. Et même dans ce déroutant autoportrait caricatural, ce pégase électrisé, ce skieur dans le brouillard et ces joueurs de foot, ou ce Don Quichotte à la Giacometti. «Il n'y a pas de rupture, écrit Casimir Reymond dans ses notes, simplement la revendication d'une plus grande liberté, car en dépit de certaines apparences, on ne change pas tellement, l'esprit qui anime l'œuvre est bien toujours le même».

Jusqu'au 18 août, du jeudi au dimanche, de 13h30 à 18h. Infos pratiques sur www.atelierdegrandi.ch

Date:30.05.2019
Parution: 951

De Vaulion à Lutry, en passant par Paris

Né en 1893 à Vaulion, Casimir Reymond suit l'Ecole des Beaux-Arts à Genève, puis monte à Paris, où ses œuvres monumentales ne trouvent pas acquéreurs. Faute de moyens, il rentre dans le canton de Vaud en 1932 puis s'installe à Lutry. Nommé professeur à l'Ecole cantonale d'art et de dessin appliqué, dont il reprend la direction, il s'imposera dans la sculpture grâce à des commandes publiques. Il est décédé en 1969.

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