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«Les gens veulent du neuf»

Politique de densification en force, le marché de la PPE est en plein boom. Dans certaines régions, à Fribourg notamment, on parle même de possible bulle. Mais dans la région lausannoise et sur l'arc lémanique, la demande reste plus forte que l'offre, assurent les spécialistes.

Hors agglomérations, les appartements en PPE compensent une situation moins centrale par un charme certain et des prix abordables pour les familles ou les investisseurs plus modestes.Arta – Evionnaz

Propriété

Magaly Mavilia

«Si demain, je propose 1'000 studios bien placés et au bon prix à Lausanne, je les vends en une semaine». Jérôme Duvoisin, courtier chez de Rham Sotheby, responsable des projets neufs pour l'arc lémanique vaudois, exagère à peine. La vente de PPE (propriété par étages) est en plein boom. «Cela fait dix ans que ça dure, tempère le spécialiste qui reconnaît toutefois que la nouvelle Loi sur l'aménagement du territoire et sa politique de densification ont boosté le marché. Et le courtier de constater que, ces derniers mois, «de plus en plus de projets sont sortis de terre. Et à Montreux, grâce au Plan d'affectation général qui vient de passer en vigueur, des PPE, il y en aura!», assure-t-il.

Un placement pérenne

Certaines banques l'ont annoncé sans ambages. Dès cet été, il coûtera plus cher aux clients de retirer de l'argent que de le placer. Fini les intérêts et place aux frais de retrait. Pour 100 francs retirés, il en coûtera 102 francs à l'épargnant. «Placer de l'argent à la banque ne rapporte plus rien, la bourse est incertaine et, de fait, les gens se rabattent sur l'immobilier qui, historiquement, a toujours été un placement sûr», constate Jérôme Duvoisin.

Toujours moins cher qu'un loyer

Pour qui peut fournir 20% de fonds propres aux banques (dont 10% qui ne proviennent pas du 2e pilier», acheter un appartement en PPE est beaucoup plus avantageux que les loyers actuels qui ne cessent de grimper, malgré ce que les statistiques en disent. Les taux hypothécaires sont toujours historiquement bas. De plus, ils sont en partie déductibles des impôts, ce qui n'est pas le cas d'un loyer.

Les prix baissent en Valais

Excepté à Sierre et Sion, le prix des PPE et des villas continuent de baisser en Valais, annonce le dernier indicateur immobilier BCVs-CIV (Banque cantonale du Valais et Chambre immobilière Valais) paru dans le magazine Propriété. Une baisse de l'ordre de 1,2% a été enregistrée en 2018 pour une baisse moyenne suisse de 0,8% (- 3,1% dans le Bas-Valais et -2% dans les communes touristiques). Ce recul est principalement dû à deux facteurs, estiment la BCVs et la CIV. Une correction des prix après la forte hausse de ces dernières années (+ de 90%) en 15 ans et une offre légèrement excédentaire qui devrait être rapidement absorbée, selon les spécialistes. Une bonne période donc pour investir dans le Valais romand.

Les plus modestes en hausse

Tandis que les prix des PPE baissent de manière générale selon les statistiques, le prix des logements plus modestes continue d'augmenter (environ 10% selon les prévisions de l'UBS). En cause, la difficulté pour les ménages de réunir les fonds propres nécessaires à l'acquisition d'un bien dans les centres. Le marché se déplace donc dans les régions périphériques vers des situations moins favorables et pour des appartements plus modestes.

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Qui achète quoi?

«Les gens veulent du neuf», constate Jérôme Duvoisin, courtier chez de Rham Sotheby et responsable des projets neufs pour l'arc lémanique vaudois. Cela permet aux particuliers de choisir les finitions, dans la plupart des PPE et parfois même, selon les projets, l'architecture d'intérieur et la disposition des pièces. «Aujourd'hui, la demande est plus forte du côté des utilisateurs que des investisseurs», analyse le spécialiste. Ceci en raison des prix avantageux, des taux hypothécaires toujours très bas. «Certaines banques proposent même des «actions spéciales à 0%», s'étonne le courtier. Une aubaine pour les familles plus modestes qui voient ainsi une belle opportunité de se loger à meilleur compte tout en investissant dans un secteur fiable et relativement stable sur la durée. Cette tranche de la population recherche plus particulièrement des 3,5 voire 4,5 pièces tandis que les investisseurs sont plus friands de studio ou de 2,5 pièces dans des emplacements de choix, proches des commodités et des transports publics.

Alarme de la BNS

La dette hypothécaire suisse a franchi le cap des 1'000 milliards. La Banque nationale suisse a donc tiré la sonnette d'alarme au début du mois d'avril, en appelant les banques à la prudence. «Nous voulons que les emprunteurs et les banques comprennent les risques qu'ils prennent. On veut qu'ils soient capables de porter les risques qui sont pris», a précisé au micro de la RTS Andrea Maechler, membre de la direction générale de la BNS. En d'autres termes, il faut être capable de faire face à une hausse des taux d'intérêt. Après des mesures qui ont privé bon nombre de familles de l'accès à la propriété, la situation pourrait se durcir ces prochaines années. Selon la BNS, l'apport de 10% de fonds propres qui ne proviennent pas du 2e pilier et l'obligation de réduire le montant du prêt à deux tiers dans les 15 ans qui suivent l'achat n'ont pas suffi. Pour empêcher une hausse incontrôlée du volume d'hypothèques, toutes les mesures possibles sont à l'étude et l'Association suisse des banquiers (ASB) n'en exclut aucune: «Parmi les éléments concrets figure la durée de l'amortissement, qui devra probablement être réduite», a annoncé Michaela Reimann, porte-parole de l'ASB sur la RTS.

Vers la suppression de la valeur locative

La valeur locative est une aberration selon les propriétaires qui doivent payer un impôt sur un logement qu'ils habitent et qu'ils ont amorti tout au long de leur vie pour certain. Cet impôt est particulièrement préjudiciable pour les personnes âgées à revenus modestes qui sont parfois obligées de vendre leurs biens faute de pouvoir s'acquitter de cet impôt. Le 5 avril, la Commission de l'économie et des redevances du Conseil des Etats a mis en consultation un projet de réforme des règles de l'imposition des logements, annonce le magazine Propriété. Si le projet de réforme propose de supprimer la valeur locative, il tempère par la suppression de la déduction des frais d'entretien ainsi que des frais de rénovation énergétique. Les cantons seraient toutefois libres d'appliquer ou non ce dernier élément. Les prises de position peuvent être envoyées jusqu'au 12 juillet. La Fédération romande immobilière (FRI) qui se bat depuis de nombreuses années sur ce point est en train de rédiger une réponse. A suivre...

Date:30.05.2019
Parution: 951