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«Ta ville, tu la vois comment?»

Monthey À l'occasion de ses 20 ans, le Service Sports, Jeunesse & Intégration lance un vaste projet invitant les jeunes à faire part de leurs opinions sur leur commune et de leur vision pour l'avenir.

Riham, Romain (devant) et d'autres jeunes ramèneront leur fraise, tandis que les autorités, Gilles Borgeaud, Senta Gillioz et Stéphane Coppey (de g. à d.) écouteront attentivement.

Textes et photo: Valérie Passello

«Ramène ta Fraise!» Le message adressé aux Montheysans de 15 à 25 ans est clair, ils sont invités à s'exprimer. L'initiative émane de Soluna, partie intégrante du Service Sports, Jeunesse & Intégration (SJI) de la ville, qui fête ses 20 ans cette année. Sa responsable Senta Gillioz raconte: «Plutôt que d'organiser une journée de fête et de se replonger dans le passé, nous avons voulu nous tourner vers l'avenir. Nous souhaitons aller à la rencontre de l'ensemble de la jeunesse, pour qu'elle exprime son point de vue, qu'elle nous dise quel avenir elle imagine à Monthey et comment elle s'y projette.»

Afin d'atteindre les moins de 25 ans de la manière la plus large possible, un stand à roulettes aux couleurs de «Ramène ta Fraise» circule en ville depuis le 29 mai et jusqu'au 12 juillet. Un groupe de pilotage composé exclusivement de jeunes a d'ores et déjà été constitué. Soluna se donne une année pour explorer toutes les facettes du concept, avant d'en arriver à des assises de la jeunesse en novembre 2020, où une charte de la politique jeunesse de la ville sera rédigée, puis remise aux autorités. Ce travail de longue haleine est estimé à quelque 2'000 heures.

Un fil conducteur pour les élus

Le président de Monthey Stéphane Coppey prend l'initiative au sérieux: «Le but sera d'utiliser le contenu de la charte pour aller de l'avant. À chaque nouveau projet, elle pourra être consultée et amener des mesures concrètes. Bien sûr, il ne sera pas toujours possible de tout réaliser, mais le cas échéant, nous expliquerons pourquoi.» Son collègue Gilles Borgeaud, municipal du SJI, complète: «Une fois ces éléments clairement posés sur la table, les jeunes pourront assurer un contrôle, interpeller les politiques sur ce qu'il en est du suivi de leurs demandes.»

Soluna ayant ses habitués, déjà très impliqués, les profils ciblés seront: les jeunes filles, «qui peinent parfois à se positionner en leaders dans ce type de projets», note Senta Gillioz, les apprentis, «moins faciles à atteindre, pour nous, que les étudiants», ainsi que les jeunes migrants, «pour qui il est difficile d'imaginer qu'ils ont leur mot à dire», ajoute la cheffe de service. L'envie est aussi de toucher des jeunes fragilisés, en rupture, ou ayant eu des parcours difficiles.

Citoyenneté appliquée

Afin de structurer l'opération, quatre étapes sont prévues. Après la récolte de thématiques et la prise de contacts sur le terrain, des rendez-vous seront organisés à l'automne pour débattre en profondeur de sujets qui préoccupent la jeunesse. La cheffe du SJI poursuit: «Avec le groupe de pilotage, nous voulons aussi intervenir dans les écoles et les institutions. Enfin, au fil des discussions et en fonction des thèmes qui se dégageront, il sera possible de rencontrer des membres de l'administration ou des politiques.» Soluna compte sur un effet boule de neige, pour que les petits groupes impliqués en fédèrent d'autres, et ainsi de suite. Une grande partie des thématiques abordées dépendront des participants, mais certaines ont déjà été choisies pour intéresser les jeunes à la question citoyenne. Il s'agira de présenter les grands projets urbanistiques, le futur Terminal rail-route, pour donner un aperçu de la manière dont la ville aborde la problématique de la mobilité, ou encore de demander l'avis de la jeunesse sur la future fusion entre Monthey et Collombey-Muraz.

«Ce projet témoigne de la volonté politique de mêler la population au développement futur de la ville, de travailler aussi sur les rapports intergénérationnels», précise Gilles Borgeaud. Et Stéphane Coppey de renchérir: «Nous ne voulons plus que les jeunes aient l'impression qu'on ne les écoute jamais!»

Le concept a séduit le canton du Valais et la Confédération, qui le subventionnent à hauteur de 50'000 frs, sur un budget total de 130'000 frs. Senta Gillioz analyse: «Le côté novateur et le fait que nous abordions le thème de la fusion ont certainement contribué à ce que nous décrochions cette importante subvention.»

Date:06.06.2019
Parution: 952

Ils sont au taquet !

Membre du groupe de pilotage, Riham ne fréquentait pas Soluna, mais elle a entendu parler de «Ramène ta Fraise» à l'Ecole de Commerce et de Culture Générale de Monthey: «Cela m'a interpellée, car dans le cadre de mes études, j'avais mené un projet en lien avec Addiction Valais. Savoir que je pouvais continuer à m'engager, par exemple dans le domaine de la prévention, m'a décidée à me présenter pour faire partie du projet. C'est aussi un moyen d'apprendre des tas de choses que j'ignore sur le fonctionnement de ma ville, où je vis depuis quatre ans. Et en tant que migrante, j'aurai également l'occasion de dire ce que je pense», témoigne-t-elle.

Romain, lui, est un habitué du Service Jeunesse: «Je fais partie de la brigade anti-déchets et je travaille à Soluna à 50% pour quelques mois. Cette idée permettra de casser des schémas et de rafraîchir les relations entre les jeunes et les politiques, je pense que ça aidera des deux côtés», considère-t-il.

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