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Diane debout!

Bex À chaque jeudi de l'Ascension, les musiciens de l'Union Instrumentale se lèvent aux aurores pour perpétuer une tradition vieille de près d'un siècle et demi. Reportage.

L'Union Instrumentale jouant au milieu d'un rond-point avant le lever du jour.

Textes et photos: Valérie Passello

Le clocher du Temple de Bex va sonner 4 heures. Disposés sur le trottoir devant la Maison de commune, ils sont prêts à dégainer. Ils? Ce sont les membres de l'Union Instrumentale, que l'on a vu émerger de la nuit par les ruelles du bourg, cuivre ou tambour sous le bras et, pour certains, lampe frontale vissée sur la tête. Soudain, la trompette déchire le silence, suivie par l'ensemble des instruments. La formation interprète pour la première fois de la journée le morceau «Absence», composé jadis, selon le journal communal, par une certaine madame Parvex, épouse de l'un des directeurs de «l'Instrum», comme on l'appelle ici.

Près de trente personnes se sont ainsi levées à l'aube en ce jeudi de l'Ascension, pour sonner la diane et réveiller les Bellerins de fort belle manière. L'ambiance est encore feutrée, mais va s'animer au fil de la matinée, observe Sybille: «Nous ne sommes pas tous là. Certains n'arrivent pas toujours à se lever, mais ils nous rejoindront en cours de route.» Et la route sera longue, puisqu'elle compte une vingtaine d'étapes dans différents quartiers de Bex en passant même par le hameau du Châtel.

Un bel accueil

À la troisième halte après un interlude musical à la Place du Marché, une fidèle attend. Il n'est pas encore 4h30, mais Evelyne Houriet a dressé une petite table dans la rue et préparé des thermos de thé et de vin chaud, honorant ainsi une coutume familiale remontant «au moins à son grand-père». Un peu plus loin, la famille Dauphin a demandé à ce que l'on vienne jouer la diane devant chez elle. Et l'accueil se fait avec café-croissants et...verre de blanc!

Charles-André, alias «Didine», participe à sa 53ème diane en 56 ans d'activité au sein de la formation: «Avant, les gens ne nous offraient que du vin ou de l'alcool fort. Certains musiciens ne défilaient plus très droit au moment d'accompagner les tireurs jusqu'au stand», se souvient-il (voir encadré). Si la tradition reste bien vivante, les habitudes évoluent. Par exemple, à une époque, un camion équipé de bancs véhiculait les musiciens, ce qui n'est plus envisageable pour des raisons de sécurité. «Ce qui me plaît le plus, reprend Didine, c'est l'ambiance. On a vécu de sacrées dianes! En ça fait plaisir de voir que les jeunes nous accompagnent.» En effet, la relève est là. La cadette du groupe n'a que 12 ans.

Venue d'Angleterre, Angela en est à sa deuxième diane: «Quand j'ai expliqué ce que nous faisions à mes copines du pays, elles m'ont dit que là-bas, les gens ouvriraient sûrement leurs fenêtres pour nous jeter des seaux d'eau», rapporte-t-elle. La joyeuse équipe finira chez le syndic Pierre Rochat. Il leur offrira le repas, comme le faisaient ses prédécesseurs et, à n'en pas douter, comme le feront ses successeurs.

Date:06.06.2019
Parution: 952

Un défilé pour les tireurs

En 1870, un an après la création de l'Union Instrumentale, la société de tir du Cordon Bleu a fait appel à la fanfare pour qu'elle accompagne son cortège du tir de l'Ascension. Les musiciens sonnaient donc la diane militaire dans le village pour réveiller les tireurs. Tous défilaient ensuite jusqu'au stand de tir. Aujourd'hui, les tirs sont interdits les dimanches et jours fériés. Les tirs d'abbaye se font au stand intercommunal de Saint-Triphon, celui de Bex n'étant plus en activité. Mais la diane demeure, pour le plus grand plaisir de nombreux Bellerins.

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