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Les Dalton débarquent !

Le prochain spectacle estival du Théâtre du Croûtion emmènera les visiteurs au Far West du 12 juillet au 17 août, avec une pièce déjantée, inspirée de la vraie histoire des Dalton.
Date:18.10.2018
Parution: 921

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Opinion

Sous les pavés, la grogne !

Paris, ville lumière. Paris ville tentaculaire. Paris partie en colère. C'était en mai 68. On en parle encore. Mieux, on commémore. Sans pour autant relancer des manifestations d'envergure, mais la grogne n'est pas loin. Elle est, cette fois, activée par des Helvètes! Et ce ne sont pas des gardes suisses, non. Rien de bien guerrier chez les meneurs de trouble à Paris version 2018. Ce sont plutôt de doux rêveurs, sans doute un peu bernois sur les bords, car ils n'ont pas encore assimilé que les pavés de Paris, posés ou jetés, sont sacrés. Donc les locataires du Centre culturel suisse de Paris ont osé l'impensable. Ils ont repavé l'impasse des Arbalétriers, retirant les beaux pavés typiques de Paris posés là depuis 900 ans pour les remplacer par des pavés lisses «dignes d'une piste de roller», dénonce le Canard enchaîné qui parle d'un «saccage de Paris» et «d'infraction avec les prescriptions architecturales des Monuments historiques.»

Les habitants ont repris le flambeau et la grogne monte. Le photographe Yves Di Maria, voisin de l'impasse historique, s'insurge et parle de vandalisme. Il cite Victor Hugo, en appelle au droit et à la politesse. «Quelle serait, en Suisse, la réaction des habitants, des pouvoirs locaux, et de la presse, si une institution française s'avisait de changer l'esthétique d'une ruelle à Genève, Saint-Gall, Berne ou Neuchâtel, sans déclaration ni autorisation?», demande-t-il. Réunis en concile confidentiel le 14 septembre dernier, quelques édiles franco-suisses ont débattu. Les intentions ne sont pas connues. Le peuple se dit prêt à s'attaquer au haut du pavé, quitte à utiliser les lisses pour que les parisiens retrouvent le pavage Napoléon dans son état d'époque au Passage des Arbalétriers. Espérons qu'Anne Hidalgo n'aura pas à donner son avis...

Nina Brissot