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Fernand Pasquier, la page tournée

Retraite Le lieu dit «La Toure» aux Mosses est orphelin de Fernand Pasquier, moniteur à la Colonie de la Commune de Pully.

Fernand Pasquier, la page tournée

Sur l’air de la célèbre Gilberte de Courgenay, des milliers d’élèves pulliérans pourront entonner ce chant mythique: «Aux Mosses, Fernand - A connu trente mille enfants - Durant trente ans - Et nombre de leur maman…».
Ce 4 septembre 2010, jour pour jour, La Municipalité de Pully, représentée par Maria-Chrystina Cuendet, municipale, Carole Schwander, cheffe du personnel, Gilles Cuttelod, chef de service et une bonne centaine d’amis (e) ont fait le pèlerinage à «La Toure» pour prendre congé de Fernand des Mosses partant pour une retraite, dite bien méritée après 30 ans de service.
Mme Cuendet a brossé un tableau de réalisme et de pragmatisme de ce personnage hors du commun. Natif de la Vallée de Joux, cadet d’une fratrie de cinq enfants, il obtint un CFC de dessinateur en bâtiment. Métier qu’il pratiqua  quelques années, avant que l’appel du large ne le prenne aux entrailles. Souffrant dans la paperasserie, il rêvait d’horizons verts, avec des enfants, près d’un ruisseau et au cœur de la forêt. En postulant, en 1980, en qualité de moniteur au Home-école des Mosses, il entrait en nature! 
Grand sportif, il pratiqua le ski de fond, le foot, le vélo, le hockey, enfin tous les sports en relation avec la nature. Les petits citadins pulliérans connurent la joie et la peur de la transhumance des vaches, le bonheur de voir un troupeau de chamois, l’angoisse d’une marche au cortège interminable, les attaques nocturnes «de la Toure» et les grandes randonnées à raquettes. 
Homme d’engagement, il se mit en nage dans toutes ces activités, incita ses petites troupes à l’effort, mais les sueurs «froides» il les réserva à son employeur: la Commune de Pully. Quelle ne fut pas la surprise de celle-ci de savoir que ce personnage au caractère original avait érigé un édifice en bois, au cœur de la forêt, à la barbe de toute autorisation. N’a-t-il pas fait patiner des groupes d’enfants sur le lac de l’Hongrin, faisant fi de toutes interdictions. Il faut dire qu’il connaissait l’essence de la nature.
Des milliers de visages de jeunes pulliérans s’illumineront si vous abordez les ouvrages didactiques de Fernand Pasquier. Ils se souviendront de son franc-parler, de quelques coups de gueule, d’activités peu communes au cœur de la vie pastorale, de leurs randonnées éprouvantes mais aussi ils se souviendront d’un homme, d’un homme vrai. De la part de milliers de têtes blondes, merci Fernand et bonne continuation. 

Rencontre

LR: Combien d’enfants avez-vous connus durant votre carrière?
FP:
Je pense entre 25’000 et 30’000 mille.

LR: Quels sont les contacts avec les parents?
FP:
Bons à excellents. Je les remercie pour la confiance qu’ils m’ont témoignée.

LR: Vos meilleurs souvenirs.
FP:
La réalisation de mon «antre»: La Toure, une maison de bois au milieu de la forêt qui a fasciné beaucoup d’enfants. 

LR: Avez-vous connu des déceptions?
FP:
Oui, une grande, le vol de vingt stères de bois que j’avais préparées avec les élèves…

LR: Avez-vous souvenir d’un fait marquant?
FP:
Une grande angoisse lors d’une transhumance. Arrivé sur les alpages, j’ai constaté que toutes les vaches étaient là mais qu’il me manquait deux gamins! Une belle frayeur!

LR: Quelles impressions dégagez-vous de vos contacts avec les enfants?
FP:
J’ai connu des contacts fabuleux avec eux. Certains n’ont pas apprécié que la gratuité des choses leur soit offerte à volonté. Pour durer dans une telle carrière, il faut être un capitaine et non pas un petit matelot. J’ai toujours tenté de les mettre en confiance. Aujourd’hui je dois reconnaître que les élèves sont plus conciliants que par le passé. 

LR: Comment sera votre retraite ?
FP:
Oh là là! Je ne sais pas si j’aurai assez de temps pour mener à bien toutes les tâches qui m’attendent. Pensez donc, je vais continuer à arracher ma gentiane. J’ai acquis une vieille ferme à Château-d’Oex, je vais la restaurer et y faire des chambres d’hôtes, avec mise à l’enquête pour une fois… ce qui m’obligera à pratiquer une passion: le bûcheronnage. D’autre part, je vous assure que tous les paysans du Pays d’Enhaut savent que je suis en retraite et ils ne vont pas manquer de me solliciter, je m’en réjouis d’ailleurs. A l’heure où vous me causez, j’ai un petit coup de «blues» de quitter tout çà, laissez-moi aller boire un verre…

Propos recueillis par Gilbert Rime

Date:07.09.2010
Parution: 530

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