Oron Le manque de pluie et les températures exceptionnelles de novembre ne déstabilisent pas les agriculteurs et maraîchers de la région. Par contre, le niveau des cours d’eau et de la nappe phréatique baisse dangereusement.
«Nous sommes tributaires de la nature et de la météo, il faut l’accepter et aller de l’avant, explique Rémy Estoppey, maraîcher horticulteur à Oron-la-Ville. Pour le moment, tout se passe plutôt bien, mais les conséquences se feront sentir au printemps». Le passionné de plantes aromatiques se veut positif. Pourtant, la Suisse vit l’une des pires sécheresses depuis 150 ans, selon Météo Suisse. Le district de Lavaux-Oron est particulièrement touché par ces températures exceptionnelles, où les travailleurs de la terre sont nombreux, et tributaires des caprices et des fluctuations de la nature.
Cultures au sec
Autre phénomène, le manque crucial de pluie, qui n’effraie pourtant pas la profession. Mieux encore, il serait actuellement profitable, selon Raphaël Charles, ingénieur agronome à la station de recherche Agroscope de Changins: «Nous sommes dans une période de calme pour les plantes, la végétation est en repos hivernal. Tant que les nuits sont fraîches, nous n’avons pas grand chose à craindre». Même son de cloche du côté de l’agriculture céréalière: «Les conditions sont plutôt favorables pour les récoltes, qui ne se font pas les pieds dans la boue. Nous sommes dans une région qui profite de ce temps sec», confirme Waldi Beney, agriculteur céréalier à Oron-la-Ville.
Pousses précoces
Un climat salutaire qui a néanmoins des incidences sur l’environnement: «La nature est perturbée. Certaines plantes sont déjà en fleuraison, comme le rampon par exemple. Je ne pourrai pas en vendre cette année», relève Rémy Estoppey. Sans oublier la multiplication des «ravageurs», comme les pucerons, friands de ce climat doux». Des plantes qui se développent trop rapidement, le phénomène concerne également Waldi Beney, dont le colza risque de subir les conséquences d’une croissance prématurée: «S’il neige beaucoup cet hiver, il risque de pourrir et s’il fait très froid, il risque de geler», explique l’agriculteur. Mais l’homme reste philosophe face aux incertitudes: «Cela fait partie du jeu. Etre agriculteur, c’est savoir s’adapter aux variations climatiques».
Textes: Zoé Decker



