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«Je peins pour savoir»

Lausanne La Collection de l’Art Brut accueille jusqu’au 29 avril 2012 une exposition rétrospective de l’artiste chinoise Guo Fengyi.

«Je peins pour savoir»

En ce moment. la Collection de l’Art Brut rend hommage à la créatrice Guo Fengyi, en lui dédiant une première exposition rétrospective à découvrir jusqu’au 29 avril 2012. Cette artiste chinoise, décédée en 2010 à l’âge de 68 ans, a laissé plusieurs centaines de dessins au pinceau d’une énergie à couper le souffle et souvent d’une taille colossale, pouvant dépasser un mètre de haut.

Dessins thérapeutiques
De cet «art brut chinois» émane une douceur et un calme auxquels l’amateur d’art brut n’est pas accoutumé. Car lorsqu’elle commence à dessiner à l’âge de 47 ans, Guo Fengyi cherche avant tout à soulager ses souffrances dues à une arthrite aiguë. En 1989, elle éprouve des visions qui la mènent vers le dessin, qu’elle exécute de façon automatique. Le travail graphique auquel elle se livre, spontané et autodidacte, s’effectue sans aucune ambition artistique, sa démarche est plutôt d’ordre spirituel et thérapeutique: «Je peins pour savoir», confiera Guo Fengyi. Vingt ans après la réalisation de son premier dessin, sa production est devenue très abondante, comptant, à sa mort, un millier d’œuvres. Elle affirme que «le message vient du ciel» et attribue à ses peintures le pouvoir d’accéder à la révélation «Mes œuvres servent d’intermédiaires vers des espaces mystiques».

Créatures imaginaires
Son art: des dessins légers, tendres et fluides à l’encre sur de longues bandes de papiers de riz. Ses œuvres sont constituées d’une multitude de lignes de couleurs qui restent pourtant détachées les unes des autres, induisant le sentiment d’une circulation organisée et d’une méthode rituelle. «Son expérience personnelle de la maladie et de la souffrance lui donne une sensation accrue de son corps, intensifiée par la pratique assidue du Qi-Gong, une branche de la médecine chinoise travaillant sur l’énergie vitale, physique et mentale», relève la Collection de l’Art Brut. Dans les productions de Guo Fengyi, le corps humain occupe alors une place centrale voire iconographique. Dans ses dessins apparaissent des figures mythologiques ou historiques, mais également des créatures imaginaires.

Guo Fengyi, Musée de l’Art Brut jusqu’au 29 avril 2012, Avenue des Bergières 11. Visites commentées gratuites le 22 février à 11h et le 15 mars à 19h en français. www.artbrut.ch.

Textes: Zoé Decker/comm

Date:13.12.2011
Parution: 592

Un film et un texte aussi

L’exposition rétrospective est assortie de la parution d’un film documentaire «Guo Fengyi et les rouleaux magiques» de Philippe Lespinasse et Andress Alvarez, en vente à la librairie du musée, et d’un texte monographique, rédigé par Lucienne Peiry, directrice de la Collection de l’Art Brut. Le document contient notamment des informations et des citations issues des entretiens entre Lucienne Peiry et Guo Fengyi à Xi’an en 2008 et 2009. Un voyage dans l’univers de cette artiste «malgré elle», portes ouvertes sur l’histoire et le déroulement du processus créatif de la chinoise.

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