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L'Oriental échappe au référendum

Vevey Le Conseil communal alloue 7 mios pour rénover le théâtre de l'Oriental au terme d'un débat plus que nourri.

«Parce que nous avons une année défavorable en 2011, doit-on renoncer à tout investissement jusqu'en 2016?», questionne le syndic Laurent Ballif, pour justifier une dépense de 7 millions pour moderniser le théâtre de l'Est de la ville.

«C'est un soulagement terrible, on ne s'y attendait pas!». C'est en ces termes que s'exprime Anthony Gerber, responsable, avec Nicolas Gerber et Eloïse Weiss, du théâtre de l'Oriental. La décision est tombée, et ceux qui ont assisté ce 10 mai à la séance du Conseil laissent à présent éclater leur joie. Juste devant le bâtiment, certains ont ouvert des bouteilles, et malgré les appels au calme répétés d'un policier, c'est la liesse générale. «Cela fait 4 ans que l'on flippe pour eux. Et malgré l'avenir incertain, ils ont continué à présenter un programme hors-mur. C'est courageux», souligne une employée du Bout du Monde, le bar attenant à l'Oriental.

Clivage gauche-droite

Au départ pourtant, les choses s'annonçaient difficiles. Les comptes 2011 de la commune ne sont de loin pas au beau fixe. Un déficit de plus de 6 millions a été annoncé par la Municipalité (voir Le Régional No 611). C'est la droite qui est sensible à ce facteur financier, alors que la gauche est majoritaire à la Municipalité. Ce qui crée un réel clivage lors des débats. «C'est comme si une personne déjà au chômage voulait s'acheter une Ferrari!», s'exclame le PDC José Justo. «C'est très cher payé pour ce genre de culture, qui draine très peu de public!», souligne quant à lui Patrick Bertschy, PLR. Et le syndic socialiste Laurent Ballif de répondre: «Parce que nous avons une année défavorable en 2011, doit-on renoncer à tout investissement jusqu'en 2016? La ville n'est pas riche, c'est vrai, mais nous avons des biens patrimoniaux pour 500 millions de francs, et nous avons la tâche, en tant que propriétaires, de faire en sorte que la valeur d'un bien patrimonial soit maintenue».

Trois amendements

Après un débat particulièrement animé, le Conseil communal doit finalement voter sur trois amendements: le premier, proposé par la droite, propose un crédit de 4 millions. «Nous ne sommes pas contre la culture, nous voulons juste éviter un luxe inutile», argumente Jean-Pierre Narbel (PDC). Le deuxième amendement, proposé par Patrick Bertschy, demande 6 millions 300'000. Le dernier amendement est proposé par la gauche elle-même, qui estime pouvoir économiser 700'000 francs sur le préavis qui proposait 7'700'000 francs. Ce sera finalement ce dernier amendement qui sera accepté. La droite ne s'avoue pas vaincue et propose alors un référendum spontané, en demandant que la décision soit soumise au vote populaire. Mais cette proposition est également refusée. De même que sera abandonnée quelques jours plus tard l'idée de la droite de se lancer elle-même dans une récolte de signatures en vue d'un référendum. La victoire est donc totale pour la gauche...

Texte et photo: Céline Amiguet

Date:24.05.2012
Parution: 613