Pollution Sur les sept communes interpellées par Chablair, seules les vaudoises réagissent. Côté Valais, on renvoie la patate chaude au canton et à l'Agglo.
Dans un courrier adressé aux communes de Collombey-Muraz, Aigle, Ollon, Massongex, Bex, Yvorne et Monthey (Voir Le Régional n° 607 et 613), l'association Chablair demandait aux autorités de prendre leurs responsabilités vis-à-vis de la population et «d'exercer toutes les pressions politiques possibles», afin de régulariser la situation de la raffinerie située à Collombey et régulièrement épinglée pour des questions de pollution. Sur les sept communes, seules les vaudoises ont répondu en adressant une lettre commune au Département de la sécurité et de l'environnement (DES) en l'«incitant à faire appliquer la loi».
Une affaire d'Agglo
Si la raffinerie est en terre valaisanne, les quatre communes vaudoises relèvent qu'«elle est d'abord située dans le Chablais». Côté valaisan, les autorités n'ont pas réagi, mais Monthey passe la patate chaude à l'Agglo: «Si une intervention doit se faire, il serait plus judicieux de la faire au niveau de l'agglomération», confirme Patrick Fellay, responsable de l'environnement. Le président de Monthey et de Chablais Agglo, Fernand Mariétan n'étant pas joignable, Le Régional a demandé à Georges Mariétan, président du groupe technique, de préciser le rôle de l'Agglo vis-à-vis de Tamoil. «Il y a des discussions dans ce sens, et c'est un dossier dont nous devrons fatalement nous occuper».
Un ultimatum chasse l'autre
Au Service des eaux, sols et assainissements du canton de Vaud (SESA), Jean-François Jaton, chef du service relève que «le timing est suivi» (voir détails sur www.leregional.ch). Les ultimatums posés par le Valais, échus en septembre 2012 et en mai-juin 2013, constituent, pour l'heure, des mesures suffisantes pour Josiane Granger, présidente de Collombey-Muraz. Un avis que ne partage pas Daniel Morisod de Collombey également: «En tant que conseiller Vert, je constate qu'il n'y a pas assez de volonté au niveau des autorités communales. Cela fait plusieurs années que ça dure et le dossier n'a pas beaucoup avancé».
Fermeture dans l'air
A Massongex, le président Bernard Moulin se dit choqué par l'annonce de Chablair «prématurée et sans fondement», de la fermeture de Tamoil. Quant à la participation éventuelle des communes à l'assainissement du site, il relève: «Je me vois mal dire à ma commune, vous êtes voisins et vous devez participer, quand on sait que ces travaux se montent à des centaines de millions. Chablair parle de redynamisation économique de la région; en fermant une entreprise qui emploie 300 personnes? Je ne vois pas comment». Et Chablair de rétorquer: «En employant autant de personnes pour assainir le site».
Magaly Mavilia



