Vevey En 1999, les 22 peupliers et platanes situés au sud de l’emblématique place veveysanne ont été arrachés pour les besoins de la Fête des Vignerons. Une décision alors vivement contestée, obligeant les autorités à s’engager noir sur blanc à replanter ces arbres directement après la fête. Douze ans plus tard, l’association Pro Riviera, qui attend toujours, se fâche. «Nous disons stop au bricolage. La Municipalité doit tenir ses engagements», tempête son avocat Pierre Chiffelle. Pourtant, l’exécutif ne bougera pas: «Ce n’est pas en 2013 que nous allons planter des arbres alors que la prochaine Fête des Vignerons est prévue en 2019», lance le syndic Laurent Ballif. Devant cette impasse, Pro Riviera et plusieurs riverains font recours contre l’organisation de Vevey-Plage dans ce périmètre.
Douze ans déjà que le secteur sud de la Place du Marché, à côté du Château de l’Aile à Vevey, a perdu son coin de verdure. Jusqu’alors, un mail remontant au XVIIIe siècle permettait à la population de venir se détendre à l’ombre des feuillages. En 1996, il a été décidé d’abattre ces arbres pour les besoins de la Fête des Vignerons de 1999. Cette décision a fait l’objet d’une levée de boucliers – une pétition contre l’abattage des arbres avait récolté 2187 signatures - qui s’est résolue par l’engament des autorités à réaménager et à replanter les vingt-deux peupliers et platanes directement après la fête. Un engagement inscrit noir sur blanc dans le plan directeur de la commune datant de 1997.
Aujourd’hui, les opposants de la première heure attendent toujours. La confiance envers la Municipalité s’est brisée. «Les autorités nous avaient assurés d’une compensation. C’est pour cela que nous ne nous étions pas opposés à l’abattage des ces arbres à l’époque», déplore Anne-Lise Knopf, présidente de Pro Riviera, association pour la sauvegarde du patrimoine naturel et construit régional.
S’opposer, leur seule arme
Le seul moyen de revoir un jour des arbres au bas de cette place est de faire opposition aux divers projets et organisations d’événements dans ce secteur. «Nous disons stop au bricolage, à l’improvisation à la petite semaine de la Place du Marché, tempête Pierre Chiffelle, avocat de l’association Pro Riviera. Nous avons été conciliants, mais nous avons été baladés pendant plusieurs années. Maintenant ça suffit, cette situation est inacceptable pour l’image de cette ville. La Municipalité doit tenir ses engagements».
Devant cette impasse, l’association Pro Riviera et plusieurs riverains font recours avec effet suspensif à l’organisation prévue de Vevey-Plage dans ce périmètre. Ce collectif déposera également d’ici au
3 juin un recours contre la levée des oppositions concernant la mise à l’enquête de la patinoire. «Nous avons déjà demandé la levée de l’effet suspensif», réagit le syndic, Laurent Ballif.
Vers un bras de fer
Aujourd’hui, la Municipalité campe sur ses positions et n’y déroge pas. «Ce n’est pas en 2013 que nous allons planter des arbres alors que la prochaine Fête des Vignerons est prévue en 2019», confirme le syndic. «La Municipalité a à plusieurs reprises proposé des projets de réaménagement du bas de la Place du Marché, mais à chaque fois le Conseil communal a refusé les crédits. Sans ces crédits, nous ne pouvons rien faire», justifie Laurent Ballif. Selon les projets des autorités, d’ici à 2019 un, voire deux parkings, notamment celui au nord de la place de la gare, devraient être opérationnels. La Place du Marché devrait donc être moins sollicitée par les automobilistes et son réaménagement pourrait être envisagé.
Sandra Giampetruzzi




