Certification De tout temps, la Saline de Bex a innové en matière de durabilité. Elle vient d'obtenir la certification EcoEntreprise et se dirige vers la mise en valeur de ses produits «du terroir».
En 1877 déjà, le Bellerin Antoine-Paul Piccard, inventait la thermo-compression. Une découverte qui, avant d'être utilisée dans le monde entier, allait faire de la Saline de Bex une des premières entreprises «durables». «Notre histoire a toujours été liée à l'énergie et à la prise en compte du développement durable, précise Yves Romanens, directeur commercial de la Saline de Bex. Les démarches pour cette nouvelle certification s'inscrivent dans notre politique d'entreprise qui se veut exemplaire en matière de durabilité et d'engagement social et sociétal».
Durable avant l'heure
Dès 1870, les eaux de l'Avançon ont été utilisées pour la production et, depuis les années 50, la Saline possède sa propre énergie verte grâce à une centrale hydro-électrique qui produit 12 GW par année, soit la consommation des ménages de la ville de Bex (environ 5000). Après avoir certifié sa production hydro-électrique TüV puis «nature made basic», l'entreprise a reçu le label «Climatop», en 2009, pour ses produits. L'obtention de la certification EcoEntreprise engage désormais l'entreprise dans un processus évolutif, sur trois ans, qui s'inscrit dans le concept global RSE (Responsabilité Sociale de l'Entreprise), ce qui implique de répondre à de nombreuses exigences dans les volets environnemental, sociétal et économique; les fameux trois piliers du développement durable. Sur les 60% de satisfaction globale requis pour la certification, la Saline de Bex a obtenu 69%. Le point faible? «Les achats, avoue Yves Romanens. Cela implique des recherches de provenance, etc. qui ne sont pas encore en place, mais sur lesquelles nous travaillons».
Points forts
Les points forts? «La mise en place d'une dynamique d'entreprise qui implique l'ensemble des collaborateurs dans une réflexion constante et évolutive, c'est très positif».
Est-ce financièrement rentable? «Oui, surtout pour la consommation d'énergie, nous avons fait des économies considérables, et les retours sur investissement sont non négligeables.
Nous avons déjà intégré, par le choix de compresseurs adhoc, la possibilité de récupérer la chaleur pour chauffer nos futurs bureaux et locaux communs».
Avenir couleurs locales
Vos projets? «Développer nos produits de grande consommation», indique Julien Hoefliger, directeur de la Saline. Ainsi, un rapprochement avec les Salines suisses du Rhin permettrait de créer une certaine dynamique et, surtout, nous ouvrir un marché sur toute la Suisse puis vers l'étranger. Les discussions sont en cours et une décision devrait se prendre d'ici à l'an prochain».
La Saline de Bex possède le monopole sur le canton de Vaud et les Salines suisses du Rhin, sur le reste du territoire.
«Pour les 10 prochaines années, poursuit Julien Hoefliger, ce monopole devrait se maintenir, mais s'il venait à disparaître, un rapprochement avec les Salines suisses du Rhin nous permettrait de nous profiler face à la concurrence internationale, en développant nos produits typiques du terroir qui font partie de notre patrimoine culinaire, comme le sel des Alpes, le plus vert des sels en Europe, avec les sels artisanaux, comme celui de Guérande».
Texte et photo: Magaly Mavilia




