Sécurité Riviera De nombreux restaurateurs de la Riviera sont en colère. En cause, les nouveaux tarifs pour les terrasses empiétant sur le domaine public, qui ont plus que doublé depuis le 1er janvier: 70 frs par m2 à l'année ou 50 frs par m2 de Pâques à octobre, quel que soit l'emplacement. Ce alors qu'en d'autres endroits très courus du canton, cette taxe est bien plus basse, par exemple 15 frs par m2 à Lutry ou 20 frs à Morges, voire gratuite comme à Pully. Certains cafetiers prévoient une action commune et évoquent même l'idée d'une grève des terrasses. D'autres avertissent que cette hausse risque de se répercuter sur les clients. Saisie du problème, Gastrovaud va tenter de négocier avec les autorités. Enquête entre Vevey et Montreux.
«On en a marre des augmentations de toutes sortes!» Depuis qu'il a reçu de la Police du commerce une facture de 4100 frs pour l'utilisation de sa terrasse de 82m2, John, patron du café-restaurant Chez John à Vevey, ne décolère pas. En cause, les nouveaux tarifs de la «taxe d'anticipation» pour les terrasses empiétant sur le domaine public, entrés en vigueur le 1er janvier 2012 dans les dix communes de l'association Sécurité Riviera : 50 francs par m2 de Pâques à octobre, ou 70 francs par m2 à l'année, quel que soit l'emplacement. Ce alors qu'en d'autres endroits très courus du canton, les tarifs sont bien plus bas, 15 frs par m2 à Lutry, 20 frs à Morges, voire gratuit, comme à Pully (lire encadré). Entre Vevey et Montreux, une centaine d'établissements est concernée par cette hausse. «Ce n'est pas normal qu'ici (ndlr: près du stade de Coppet) je sois au même tarif que les restaurants au bord du lac!», s'offusque John. «Pas question que je paie 4100 francs pour ça!» Pour réduire sa facture, il ne voit guère d'autre solution que de renoncer à quelque dizaines de mètres carrés de sa terrasse.
Menace de grève
Patron du restaurant Aladin, au cœur de la vieille ville, Ahmad Bahadli est tout aussi choqué par la facture reçue, près de 1000.- francs pour 14 m2: «Nous avons déjà été pénalisés deux ans par les travaux à la rue de l'Hôtel-de-Ville et par la prolongation jusqu'à 22h du stationnement payant, et maintenant on nous impose une telle taxe... Comment travailler dans des conditions pareilles?». «Ma terrasse est vitale, mais si tout continue à augmenter de la sorte, cela risque de se répercuter sur les clients», constate un restaurateur de la Grand-Place. Certains parlent d'entreprendre une action commune et évoquent même l'idée d'une grève des terrasses. «Nous ne sommes pas contre les taxes, mais il faut qu'elles soient correctes», réagit le président de la section Riviera de Gastrovaud Rui Pereira. «J'ai informé notre président cantonal et nous espérons trouver un terrain d'entente avec les autorités». Le seul moyen serait de lancer une motion au Conseil intercommunal de Sécurité Riviera, à l'origine de ce nouveau règlement (voir encadré).
Nombreuses réclamations
Chez les restaurateurs montreusiens également, la pilule passe mal et, comme à Vevey, plusieurs auraient fait recours auprès de Sécurité Riviera. «Nous avons reçu pour l'instant six ou sept lettres, ainsi que des réclamations par téléphone», précise l'adjudant Denis Monnard, de la Police du commerce. L'un d'entre eux tente toutefois de positiver: «Je suis content d'avoir une terrasse et je préfère payer plutôt que d'y renoncer et de voir les clients partir. Pour moi, ce n'est pas problématique».
Textes: Priska Hess, photo: Zoé Decker




