Photographies L'artiste veveysan Boris A expose son travail photographique au Chalet 1794 dans le Pays d'Enhaut jusqu'au 15 juillet.
26 avril 1986, l'Europe est sous le choc de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en Ex-URSS. Les conséquences sont sans appel, les irradiations ont tout détruit et les populations des zones touchées sont forcées de partir et de laisser leur vie sur place. Cette période de l'histoire du monde moderne a donné à réfléchir sur la perception des technologies modernes. Boris A, alors étudiant en ingénierie, n'y échappe pas. Jusqu'alors, les technologies lui inspiraient un sentiment de confiance et d'omnipotence. Au-delà de la catastrophe, il y voit un avertissement, un aperçu du pouvoir destructeur de l'homme sur son environnement et ses populations. Il abandonne ses études et commence deux autres formations qu'il effectue en parallèle: architecte et photographe.
La présence par l'absence
Depuis 1992, l'artiste veveysan effectue régulièrement des voyages en Ex-URSS et principalement en Biélorussie. Il en ramène des clichés en noir-blanc témoignant de cette catastrophe, qui petit à petit tombe dans l'oubli. Mais sur place, les vestiges sont encore là. Il tente alors un travail de mémoire pour les personnes oubliées des zones biélorusses, un travail subtil et empreint de respect. Sur ses clichés, aucun visage, aucun groupe d'individus. La présence humaine est révélée, suggérée par la présence d'objets de la vie quotidienne ou des traces d'activités humaines laissées sur les lieux désertés.
Pour cette ultime exposition, il a choisi de se concentrer sur deux bâtiments emblématiques: l'école, évacuée de ses jeunes occupants suite à la catastrophe de Tchernobyl et qu'il a photographiée en 2011-2012, et le Sanatorium, dont les photographies ont été prises lors d'un précédant voyage en 2011. Ces témoins de l'histoire en noir-blanc contrastent, par leur mise en scène, avec l'environnement verdoyant du Chalet 1794. Exposées aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur du chalet, le caractère catastrophique en est encore accentué.
Zone d'exclusion, sur les traces des vestiges biélorusses irradiés par la catastrophe de Tchernobyl, jusqu'au 15 juillet, Au Chalet 1794, Chemin du Grosel 7, 1660 Les Moulins www.moloko.ch
Texte: Sandra Giampetruzzi
Photos: Boris A



