Pully Le Conseil communal repousse le vote sur le quartier des Désertes. Certains élus craignent un phénomène d'enclave. La Municipalité comprend, mais déplore.
Le remaniement du plan de quartier des Désertes donne du fil à retordre à la Municipalité. Au cœur du débat: un projet lancé par une Pulliérane propriétaire d'une parcelle très convoitée à Pully à proximité du lac. Son projet «Jardin des Désertes» prévoit la création d'une fondation sans but lucratif et de trois immeubles destinés exclusivement à des personnes à la retraite. Pour le réaliser, le plan de quartier de la parcelle a dû être revu. Des modifications présentées le 27 juin au Conseil communal, dont une part importante de ses membres reste sceptique.
Enclave injustifiée
Les conseillers ne se sentent pas prêts à trancher, le projet comporte encore trop de zones floues. Du côté des radicaux, c'est surtout une question de principe. «Ce plan de quartier déroge sans raison valable aux règles d'affectation de l'aménagement du territoire, intervient Olivier Burnet. Il crée une enclave injustifiée et pourrait donner des idées à d'autres propriétaires. C'est la porte ouverte aux inégalités de traitement». Conscients des nombreux avantages qu'apporterait le Jardin des Désertes, les Verts'Libéraux se préoccupent plutôt d'un possible refus du préavis si celui-ci est voté trop rapidement. «Nous ne pouvons pas rejeter ce projet, s'exclame Philippe Diesbach. Avant que des informations plus précises ne soient données aux opposants, je propose de le retirer et de le repousser».
Conseil divisé
Face aux inquiétudes, l'exécutif tente de rationnaliser. «Je comprends que le Conseil soit divisé sur le sujet, constate le syndic Gil Reichen. Mais la séance d'information a eu lieu, aucun élément nouveau n'interviendra d'ici à septembre. Vous avez toutes les informations en mains. Le Conseil doit trancher et se prononcer». Convaincu de la bonne foi de la propriétaire, le syndic répétera son intervention plus loin dans le débat, mais cela ne suffira pas à convaincre les élus. Un cinquième des membres présents a suffi pour repousser le vote au 12 septembre, date de la prochaine séance.
Textes et photo:
Zoé Decker



