Ecoles Puidoux, Bourg-en-Lavaux, Chexbres, Rivaz et St-Saphorin projettent de créer un établissement scolaire commun. Doté de 15 salles de classes, un réfectoire et deux salles de gym, il permettra d’accueillir 350 élèves du secondaire. Les sites du collège des Ruvines à Cully et de Verney à Puidoux (photo) sont pressentis. Selon une étude du canton, celui de Puidoux semble le mieux adapté, notamment en termes de desserte par les transports publics et de possibilités d’extension. Mais Bourg-en-Lavaux a commandé une seconde étude neutre. Le coût de ce nouvel établissement, censé répondre aux exigences de la réorganisation scolaire votée par les Vaudois, devrait avoisiner les 15 millions. Les Municipalités ont jusqu’au 31 septembre pour en exposer les grandes lignes au département d’Anne-Catherine Lyon.
Avec la nouvelle loi sur l'enseignement obligatoire (LEO), adoptée en 2011 et l'entrée en vigueur de l'accord intercantonal HarmoS en 2009, les communes doivent faire face à une réorganisation scolaire importante (voir encadré).
Alliance communale
Pour répondre aux objectifs pédagogiques lancés par le canton, les communes de Lavaux s'organisent. Certaines doivent remédier à leur manque de collèges. «Actuellement, tous nos élèves de secondaires vont à Pully, explique Yves Kazemi, municipal de Bourg-en-Lavaux. Avec son développement démographique, Pully se rend compte qu'elle ne peut plus accueillir tout le monde et a décidé de s'allier à Paudex et Belmont». Egalement en raison de son fort développement, Lutry a choisi de faire cavalier seul. Restent Bourg-en-Lavaux, Puidoux, Chexbres, Rivaz et St-Saphorin, qui ont décidé de regrouper leurs élèves sur un seul site.
1 million par classe
Ce nouveau collège comptera environ 350 élèves, 15 salles de classes, un réfectoire et deux salles de gym. «La création d'une classe coûte environ 1 million de francs, je vous laisse faire le calcul», relève Jean-François Rolaz, municipal des écoles à Puidoux. «A ce stade, précise Yves Kazemi, nous sommes en train de poser le canevas général, nous savons de quelle superficie nous avons besoin, mais nous n'avons pas encore décidé ni du lieu, ni de la forme du nouveau collège. Nous voulons optimiser au mieux les infrastructures déjà existantes. Il y aura des constructions, peut-être une extension».
Puidoux soutenue par le canton
Les sites du collège des Ruvines à Cully et de Verney à Puidoux sont néanmoins pressentis pour accueillir les élèves. Même si Bourg-en-Lavaux et Puidoux s'accordent sur la nécessité d'offrir aux écoliers un cadre agréable et bien desservi en transports publics, chacun prêche pour sa paroisse. «Selon une étude réalisée par le canton, Verney semble être mieux adapté pour plusieurs raisons, précise Jean-François Rolaz. Tout d'abord, au niveau de la population et du territoire, Puidoux est mieux centrée. Le site de Verney est aussi mieux desservi par les transports et il n'est pas limité en ce qui concerne l'extension du bâtiment. Nous possédons un potentiel de construction d'environ 15'000 m2 autour de l'actuel collège, ce qui n'est pas le cas de Cully». De plus, toujours selon le canton, les communes de Puidoux, Chexbres, Rivaz et St-Saphorin fourniraient 55% de la totalité des écoliers des cinq communes, alors que Bourg-en-Lavaux en compterait 45%. «A Puidoux, nous avons une évolution démographique plus forte qu'à Bourg-en-Lavaux, souligne Jean-François Rolaz. Ce qui tend à penser que le site de Verney semble être une bonne solution pour accueillir tous les élèves du secondaire de la région».
Seconde étude demandée
Du côté de Bourg-en-Lavaux, la Municipalité a souhaité obtenir un second point de vue, d'un commun accord avec les autres communes associées. Une entreprise spécialiste dans l'analyse géographique, le diagnostic et la planification des infrastructures a été mandatée pour réaliser une étude indépendante et neutre. «Nous réalisons une étude d'opportunité, pour déterminer le lieu le plus adéquat», confirme Yves Kazemi, pour qui l'étude du canton n'en est pas vraiment une: «Je ne dénigre pas les chiffres du canton, mais ils n'ont pas été réalisés dans le but d'une analyse d'infrastructure. Ce n'est pas le mandat du canton que de réaliser ce type d'étude». Attendu pour le 1er septembre, ce nouveau rapport permettra de prendre la décision finale quant au lieu du futur établissement.
Dans les starting-blocks
Au-delà de ces apparentes divergences, les deux communes assurent travailler dans un esprit de collaboration constructive. «Il faut mettre les egos de côté, relève Yves Kazemi. C'est d'ailleurs ce que la population attend. Les décisions sont prises à cinq communes et le processus se passe très bien». Seule certitude, les Municipalités devront exposer dans les grandes lignes leur réorganisation scolaire d'ici au 31 septembre 2012, au département d'Anne-Catherine Lyon, ministre en charge de la formation vaudoise. «Nous sommes dans les starting-blocks, lance Yves Kazemi. Ce collège engage toute une région et des engagements financiers importants. Ce sera un chantier conséquent».
Textes et photo: Zoé Decker




