Aménagement du territoire Les élus acceptent la vente de parcelles plantées en vignes mais situées en zone constructible pour renflouer les finances. Franz Weber condamne cette décision, ainsi que certains conseillers.
Pour faire face aux gros investissements qui se profilent, la Municipalité a choisi de vendre trois parcelles en zone constructible d'une surface totale de 6'239 m2. Le prix plancher est fixé à 1'400 francs le m2, assorti de la condition sine qua non qu'il y ait plusieurs acquéreurs. «Nous ne voulons pas nous retrouver avec un immense terrain et juste une villa plantée au milieu. Le but de la manœuvre est aussi d'attirer de nouveaux contribuables», explique le syndic Jean-Michel Conne, en séance du 27 juin.
Augmentation d'impôts
Mais si certains conseillers approuvent la Municipalité, cela en énerve d'autres: «La solution donc, c'est de se dire: ça ne marche plus alors bétonnons! Cela me fait sortir de mes gonds, sachant en plus que cela vient de quelqu'un de la terre, puisque notre syndic est vigneron!», s'insurge Pierre Cossy, agriculteur. Et le syndic de répondre: «Mais si nous ne vendons pas, nous devrons augmenter l'impôt de 10 points, pour faire tourner les investissements. Ce n'est pas aux générations futures à payer, c'est à nous de le faire!» Finalement, le préavis est voté à bulletin secret, tant le sujet est sensible, et c'est le oui qui l'emporte par 38 oui contre 9 non et 1 abstention.
Fossoyeur de Lavaux
Cela aurait pu en rester là, mais l'écologiste Franz Weber a décidé de s'en mêler. Dans un communiqué il a fustigé de manière virulente le syndic de Chexbres. Contacté par téléphone, il assure vouloir agir: «Nous sommes tous un peu choqués. Nous allons faire recours. Si je n'avais pas lancé d'initiative, Lavaux serait aujourd'hui une ville. Il faut arrêter de construire». Une réaction qui énerve le syndic: «C'est un hérétique du bétonnage, un fossoyeur de Lavaux pour les générations futures de vignerons». Ces critiques, Franz Weber les prend avec philosophie: «Cela me fait rire, c'est toujours ceux qui détruisent qui critiquent le plus. Mais moi je n'agis pas par ambition personnelle, c'est l'intérêt général qui prime».
Céline Amiguet



