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A Roche, la Municipalité prend une gifle

Urbanisme Les aménagements du bassin de rétention sur les parcelles du nouveau quartier du Grand Cerclet ont jeté un froid entre législatif et exécutif. Le Conseil communal estime que ce n'est pas à la commune de passer à la caisse.

A Roche, la Municipalité prend une gifle

Long et fastidieux, tels sont les adjectifs pour qualifier le dernier Conseil communal de Roche avant la pause estivale. Le législatif a normalement l'habitude de régler ses séances en une heure et demie, mais ce 27 juin, les élus étaient bien décidés à montrer leur mécontentement vis-à-vis de la Municipalité. Après plus de deux heures de débat, ils ont décidé de serrer la vis à l'exécutif à propos du préavis demandant un crédit de 452'810 francs concernant des frais d'infrastructures supplémentaires réalisées dans le cadre des aménagements du PPA du Grand Cerclet. Ils ont reproché aux autorités d'être mis devant le fait accompli une fois les travaux effectués.

Tenu à l'écart

Un bassin de rétention a été installé lors de la construction du nouveau quartier du Grand Cerclet dont la commune est propriétaire de 10'000 mètres carrés, le reste étant en mains d'un promoteur. Le périmètre étant exposé régulièrement à des inondations lors de fortes pluies, ce bassin était la solution sine qua non pour construire sur cette parcelle. Mais des travaux supplémentaires, non prévus, ont dû être réalisés. La Municipalité s'est alors engagée en faveur de ces travaux lors d'une convention en 2008, mais sans en avertir le Conseil communal. Ce dernier n'a donc pu se prononcer sur le montant des travaux. Aujourd'hui, la facture finale concernant ce bassin est sur la table de la Municipalité et la commune doit, une fois encore, ouvrir le porte-monnaie. «La Municipalité aurait dû présenter un préavis pour un tel montant. Elle ne pouvait pas se montrer garante pour la commune sans en faire au préalable la demande au Conseil», reproche Jean-Claude Guillemin, membre de la commission chargée d'étudier le préavis. Mais certains savent aussi qu'il sera difficile de se soustraire au paiement sans passer par une procédure judiciaire.

Retenue sur la facture

A cela s'ajoute le fait que la commission n'a pu faire son travail correctement car différents montants ont été avancés, retirés, puis à nouveaux présentés. Un travail confus pour les commissaires qui ont demandé une suspension de séance pour réaccorder leur violon suite aux précisions et explications du municipal des finances, Christophe Lanz. Après délibération, la commission a modifié ses conclusions, accordant le prêt de 452'810 francs à la Municipalité, mais en exigeant que seul le 90% de la facture soit payé dans un premier temps et de retenir le solde jusqu'aux travaux entièrement terminés. Le Conseil a finalement accepté à la majorité le préavis tel que modifié avec un amortissement sur 10 ans et non sur 15 ans comme préconisé par les autorités.

Texte et photo:

Sandra Giampetruzzi

Date:05.07.2012
Parution: 619