Puidoux Terre d'accueil malgré elle, la commune est démunie face aux nombreuses installations des gens du voyage sur son territoire. La commune attend des réponses du canton.
«Nous espérons qu'ils ne vont plus revenir, mais on ne sait jamais», s'inquiète Jean-Paul Favre, municipal de police à Puidoux, pour qui l'arrivée des communautés de gens du voyage constitue «une situation délicate». Occupation illicite, dégâts de culture et insalubrité: pour la commune, la gestion est de plus en plus sensible. «Nous nous sentons démunis face à ce genre de situation», relève le municipal.
45 caravanes en mai
En automne dernier, des gens du voyage sont restés plusieurs semaines sur la commune. Plus récemment, début mai, Puidoux a vu arriver une première série de 20 caravanes. Deux semaines après, elles étaient 45 installées sur un terrain privé. «J'ai le sentiment qu'ils sont particulièrement bien informés et qu'ils ont fait des repérages avant de s'installer, note Jean-Paul Favre. Quand ils arrivent, ils sont escortés par la police, mais ce sont plutôt eux qui conduisent les autorités sur le lieu qu'ils ont choisi». A défaut de pouvoir barricader les champs, la commune axe sur la médiation. «Nous essayons de discuter et d'obtenir l'autorisation du propriétaire du terrain. S'il refuse, c'est là que ça se gâte. Souvent, il faut trouver un compromis financier. C'est toujours compliqué et les gens du voyage nous assurent faire les fonds de tiroir pour débourser une somme qui de toute manière ne couvre pas les frais que le propriétaire devra débourser face aux dégâts causés». Car malgré une benne à ordures mise à disposition, les champs occupés ressemblent souvent à des champs de bataille après leur départ. «Imaginez un champ après l'occupation de 45 caravanes. Surtout que ce sont des gens qui n'utilisent pas de sanitaires. Après leur départ, plusieurs tas subsistent, agrémentés de petits papiers un peu partout sur le terrain».
Le canton réagit
Conscient du problème qui s'étend au-delà de Puidoux, le Conseil cantonal vaudois de sécurité a mandaté un groupe de travail (voir encadré). Soulagée, la Municipalité de Puidoux attend avec impatience ses solutions. «Actuellement, il n'existe aucune base légale, regrette Jean-Paul Favre. Nous sommes très contents que cela bouge enfin. Il faut poser des règles et mettre en place une procédure identique pour toutes les communes vaudoises». Des pistes devraient se dessiner d'ici au mois de septembre.
Zoé Decker



