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Alimentation du futur: un tabou se brise

Nanotechnologies Des spécialistes débattront en public à Vevey et du rôle des nanoparticules sur l'alimentation et la consommation. Un sujet complexe qui suscite des craintes.

La Fédération romande des consomateurs souhaite davantage de transparence quant à l'usage des nanoparticules dans l'alimentation.DR

Malgré leur taille minuscule, dix mille fois plus petites que l'épaisseur d'un cheveu humain, les nanoparticules engagent des enjeux immenses. Elles possèdent des propriétés particulières, dont celle d'influencer le comportement des matériaux. Pour permettre au public de mieux comprendre leur impact sur l'alimentation et la consommation, un débat scientifique public se déroulera le 29 août à Vevey, au CEPV*, en marge de l'exposition itinérante «Nano: produits, promesses, préoccupations» installée jusqu'au 2 septembre à l'esplanade St-Antoine. Il réunira un panel d'experts en santé publique, un représentant de l'industrie alimentaire, ainsi que le patron de la Fédération romande des consommateurs (FRC), Mathieu Fleury.

Briser le tabou

Perçues comme les technologies clés du 21ème siècle, les nanoparticules sont utilisées dans les cosmétiques, les textiles ou le matériel de sport. En Suisse, elles se retrouvent aussi dans les emballages alimentaires, notamment les nanoparticules d'argent qui présentent un haut pouvoir anti bactérien retardant la détérioration des aliments.

Pourtant, aucune chance de lire sur les étiquettes des produits de consommation la mention: nanoparticule. Ce silence s'explique par un cadre réglementaire flou, des contradictions morales et environnementales et un risque d'image et de réputation. «La seule nanoparticule utilisée largement dans l'alimentaire est un anti-agrégant que nous retrouvons dans le sel, précise Huma Khamis responsable du dossier nanotechnologies à la Fédération romande des consommateurs. Mais pour le reste, les fabricants ne sont pas très enclins à parler. C'est un sujet qui reste encore tabou». D'où l'importance d'en débattre avec un représentant de l'industrie alimentaire.

Davantage de transparence

Car au-delà de leur potentiel considérable, les nanotechnologies suscitent des craintes quant à leur impact. «Nous avons encore peu de recul et nous ne connaissons pas encore les effets à long terme des nanoparticules de synthèse, note Huma Khamis. Nous ne sommes pas contre, mais nous souhaitons qu'en cas de pépin, nous puissions réagir rapidement». Et pour cela, il faut réglementer et obliger l'industrie à davantage de transparence selon la spécialiste. «Le consommateur doit pouvoir choisir. Nous demandons la mention «nanoparticule» sur l'étiquetage, un inventaire des produits qui en contiennent, et un monitorage des substances utilisées et autorisées» et que le terme «nano» ne soit pas utilisé à des fins de marketing.

*Débat «Nanotechnologies: Alimentation et consommation», le 29 août à 18h30 à l'aula du Centre d'enseignement professionnel de Vevey (CEPV), avenue Nestlé 1, Vevey.

Zoé Decker

Date:16.08.2012
Parution: 623
Vidéo
  • Documentaire diffusé sur Arte