Aigle Un an et demi après l'inauguration de la bibliothèque «Le crime parfait», le contrat de la gérante ne sera pas renouvelé. Une décision qui passe mal.
En 2011, Kathleen Malcause a vendu sa collection de polars à la ville d'Aigle pour 25'000 francs, dans le but d'en faire une bibliothèque (voir archives Le Régional no 560). Dans la foulée, elle signait un contrat stipulant qu'elle y était engagée comme auxiliaire pour 1000 francs par mois en 2011 et 2012, avant le déménagement de la bibliothèque, de la Rue Margencel au bâtiment qui abrite déjà la bibliothèque municipale, sur la place du marché. «Pour moi, ce n'était qu'un début: je pensais qu'en 2012, je pourrais renégocier mon contrat, mais je n'aurais jamais imaginé que le couperet allait tomber», déclare Kathleen Malcause, dépitée. Mais la décision est prise, selon la municipale en charge du dossier, Isabelle Rime: «En tant qu'employée municipale, Kathleen Malcause doit prendre sa retraite. Elle avait certes déjà 66 ans à la signature du contrat, mais c'était pour une durée déterminée, le temps de mettre en place la bibliothèque». L'activité rémunérée de Kathleen Malcause prendra fin au 22 décembre.
Dialogue difficile
«Je me battrai jusqu'au bout. Je représente quelque chose pour cette bibliothèque, et si la commune reste sur ses positions, c'est comme me couper les jambes: le crime parfait va avoir lieu», lance Kathleen Malcause. Elle ajoute que ce revenu lui permettait de subsister, et qu'avec seulement 1'200 francs d'AVS, elle est inquiète pour son avenir. Chose qui déplait fortement à Isabelle Rime: «Kathleen Malcause tient deux discours différents: elle parle de l'âme du lieu - qu'elle est sans conteste - mais aussi d'argent. Si elle voulait conserver cette âme, elle y viendrait comme bénévole. Elle est la bienvenue, le cas échéant, mais refuse catégoriquement». Aucune solution ne semble convenir aux deux parties.
Soutien des lecteurs
«Le crime parfait» étant rapidement devenu un lieu très populaire, une pétition circule pour soutenir sa fondatrice. A l'heure de rédiger cet article, elle totalise quelque 140 paraphes. Kathleen Malcause demande de pouvoir tenir au moins la bouquinerie et d'en conserver les bénéfices. Réponse d'Isabelle Rime: «Elle a vendu cette bouquinerie à la commune pour 5'000 francs, et veut bénéficier gratuitement des locaux. Tant que la bibliothèque se trouvera à la rue Margencel, il y a peut-être une possibilité d'arrangement, mais après le déménagement ce ne sera plus possible, faute de locaux».
Valérie Passello



