Prévention L'attaque d'un petit chien sous le nez de ses propriétaires, à Pully, relance la polémique de la prolifération inquiétante des renards en ville. Côté vaudois comme valaisan, les spécialistes sont unanimes: nourrir les renards est dangereux!
«Ces trois renards étaient si mentalement dégénérés qu'au lieu de fuir l'homme, ils ont attendu d'être écartés à coups de pied pour abandonner le petit cadavre du chien déchiqueté». La déclaration des propriétaires de la petite Kahli, attaquée le 30 juillet dernier à Pully, corrobore l'inquiétude grandissante de la population face à l'augmentation du nombre de renards en ville et, surtout, à leur comportement de plus en plus audacieux. Selon Peter Scheibler, chef du Service de la faune en valais, il n'y a rien d'anormal à cela: «A force d'attirer les renards en ville, ils finissent par se sentir comme chez eux et ne craignent plus l'homme».
A-t-on grignoté leur territoire? «Certainement pas, indique Catherine Strehler Perrin, conservatrice de la nature du canton de Vaud. On peut légitimement dire au contraire que la qualité des paysages en zone agricole avec les mesures mises en place par les réseaux écologiques contribuent à diversifier une microfaune qui profite au renard».
«Autrefois, explique Philippe Dubois, garde-chasse pour le Chablais, les gens finissaient leur assiette, il y avait donc beaucoup moins de déchets. Sans parler du fait que les paysans les ont toujours chassés, alors que les citadins les attirent et ensuite nous appellent affolés!». En Valais, le nourrissage des renards n'est pas amendable, comme c'est le cas dans le canton de Vaud. Si l'on dénombre en moyenne 5,5 renards au km2, un comptage précis des populations urbaines n'a pas été établi.
Jolis, mais dangereux
Quoi de plus mignon que deux renardeaux qui jouent dans l'herbe. Pourtant, la commune de Pully précise dans un communiqué publié le 30 août, et destiné à informer la population: «Le 80% du cheptel est infecté par l'échinococcose qui est mortelle pour l'homme». Les symptômes n'apparaissent que 10 à 30 ans après la contamination et, à ce stade, la maladie est incurable.
Textes: Magaly Mavilia
Informations complémentaires: Canton de Vaud et Canton du Valais




