Chexbres Le cinéma fête ses soixante ans. Pour l'occasion, il passe au numérique, contraint à se moderniser face au dictat des diffuseurs et des producteurs de films.
«Nous fêtons la numérisation en même temps que le 60ème anniversaire du cinéma», lance Danièle Wenger, la programmatrice du cinéma de Chexbres. Sous le poids de la nouvelle star de Hollywood, la technologie numérique, le petit cinéma indépendant au cœur des vignes a fini par plier et acquérir un projecteur numérique. «Les distributeurs ne proposent plus de films en pellicule, regrette la programmatrice. Maintenant, ils envoient des disques durs. La plupart des cinémas vous le diront, nous n'avons pas eu le choix. C'était soit cet achat soit la fermeture».
Coup de pouce
Et l'investissement est conséquent. «Sans la 3D, technologie à laquelle nous ne croyons pas du tout, un projecteur coûte environ 90'000 francs. Une somme que nous avons financée avec nos réserves et grâce à l'ancienne association des amis du cinéma de Chexbres. L'Office Fédéral de la Culture (OFC) nous a offert un appui financier, car nous répondions à un critère de diversité ainsi que la commune de Chexbres et la Loterie Romande». Créé en 1952, le petit cinéma de Chexbres a parcouru les époques et a su résister aux envahisseurs du cinéma moderne. «Nous avons traversé les tempêtes et nous avons réussi à nous démarquer, souligne la programmatrice. Notre particularité est de diffuser les films après coup. Si quelqu'un ne l'a pas vu en grande salle, il peut venir le voir ici». Mais le cinéma de Chexbres a aussi la réputation de passer de bons films qui donnent envie de se déplacer. «La majorité de notre public vient de la région, mais nous avons des spectateurs qui viennent de Bulle ou plus loin encore», se réjouit Danièle Wenger.
Satisfaire tout le monde
Pour le prix dérisoire de huit francs la séance, le spectateur pourra voir par exemple «Le Prénom», d'Alexandre de la Patellière et Matthieu Delaporte, avec Patrick Bruel, «Indian Palace» de John Madden ou un documentaire sur le musicien poly-instrumentiste Marcel Cellier. A l'occasion de son 60ème anniversaire, le cinéma a réservé au public une soirée spéciale le 21 septembre avec, notamment, la projection gratuite du film «L'enfant d'en haut», de la cinéaste franco-suisse Ursula Meier lauréate de l'Ours d'argent au festival du film de Berlin. «Il y en a pour tous les goûts, nous sommes éclectiques et les gens nous font confiance, se réjouit Danièle Wenger. Il y a tellement de films qui sortent que nous proposons un choix partiellement écrémé de productions.»
Zoé Decker



