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Les abbayes font toujours mouche

Aigle L'assemblée de la Fédération des Abbayes Vaudoises aura lieu le 23 septembre à la salle de l'Aiglon: le tir d'abbaye reste très populaire et compte 30'000 membres, dont 1000 femmes, dans le canton.

Fabienne Vallélian considère son arme comme un outil pour progresser et s'améliorer en permanence.E. Curchod

Typiques du Pays de Vaud, les abbayes de tir se portent bien. A ce jour, la Fédération des Abbayes Vaudoises (FAV) compte 183 sociétés, pour plus de 30'000 membres, dont près de 1000 femmes. Si au Moyen Age, les abbayes étaient des associations de tireurs volontaires qui maintenaient l'ordre public ou défendaient des terres, aujourd'hui, on y perpétue la tradition à titre historique et sportif, avec des valeurs comme l'amitié et la solidarité. Chaque année, l'assemblée des délégués de la FAV se joint à la fête ordinaire de l'une des sociétés du canton, et ce sera cette année à celle de l'Abbaye du Grand district des Nobles Cœurs d'Aigle. L'assemblée du 23 septembre commencera le matin à l'Aiglon, puis les tireurs défileront jusqu'à la place du marché et un banquet sera donné à la halle des Glariers. L'univers des abbayes est très codifié: les plus performants au tir annuel sont officiellement couronnés rois du tir devant l'Hôtel de ville, reçoivent un trophée, et ont le privilège d'ouvrir le cortège puis le bal qui suit.

Tireurs pas machos

Certaines abbayes sont toujours exclusivement masculines, mais beaucoup sont mixtes, et les femmes y sont les bienvenues. Aux Nobles Cœurs, la greffière Fabienne Vallélian compte parmi les 51 femmes pour 143 membres: « Il n'y a pas de rivalité entre hommes et femmes. Le premier but d'une abbaye est de rencontrer du monde et de partager de bons moments. Comme on y tire une fois par an, on fait de notre mieux, mais le résultat n'est pas primordial». Fabienne Vallélian a intégré l'abbaye en 1996, et s'est prise au jeu: elle a été couronnée reine du tir en 2000 et en 2001. Parallèlement, elle a suivi une formation de monitrice et a intégré une société de tir militaire sportif, où elle s'entraîne une fois par semaine. «C'est différent des abbayes: là, nous cherchons davantage la performance», explique-t-elle. La pratique du tir lui amène beaucoup de satisfaction personnelle: la progression peut être rapide, et il y a toujours de bons conseils à prendre auprès des autres tireurs.

Texte et photo: Valérie Passello

Date:13.09.2012
Parution: 627

En images

Fabienne Vallélian pose devant une cible grandeur nature
Tireurs à l'oeuvre au stand des Grandes Iles d'Amont à St-Triphon
Les cibles sont situées à 300 mètres du poste de tir
Un écran indique et enregistre les résultats après chaque coup
Fabienne Vallélian porte une veste spéciale qui absorbe les chocs, notamment le mouvement de recul du fusil