Finances Le Conseil communal refuse la hausse de cinq points d'impôts demandée par la Municipalité. Conséquence, l'exécutif annonce des suppressions de postes dans l'administration communale. Soutenue par la gauche, mais combattue par le PLR, l'UDC, le PDC et Vevey Libre, cette hausse a été rejetée à une courte majorité. Motif: les pertes des deux dernières années et un budget déficitaire pour 2013. Avec un taux fiscal passant de 73 à 78, les autorités espéraient des recettes supplémentaires de 4 millions par an. Un montant qui aurait permis d'alléger le lourd déficit budgétaire de 2013, initialement de 14 mios, mais réduit à 7 mios grâce à un premier train d'économies. Insuffisant aux yeux de la droite, qui fustige une Municipalité trop dépensière.
Ambiance électrique et clivage gauche-droite ont encore une fois marqué le Conseil communal, du 4 octobre. En cause: l'augmentation de 5 points d'impôts voulue par la Municipalité. «Alors que le déficit se montait à 14 millions, nous l'avons déjà ramené à 7 millions. Avec les 4 millions supplémentaires que représentent les 5 points d'impôts, le déficit ne se monterait plus qu'à 3 millions», justifie Etienne Rivier, municipal des finances. Une demande que la plupart des élus de gauche soutiennent. «Ce n'est pas la faute de la Municipalité, c'est la conjoncture! Et un taux d'imposition inchangé est la pire des options que l'on puisse choisir. On a besoin de la solidarité des contribuables!», souligne le socialiste Charly Teuscher.
Fiscalité teintée de socialisme
Mais la plupart des élus de droite ne soutiennent pas cette proposition. Ils reprochent à la Municipalité de faire fuir les «bons» contribuables et de ne pas avoir écouté leurs recommandations. «Avec cette fiscalité teintée de socialisme, 137 contribuables gagnant plus de 100'000 francs par année ont déjà quitté la commune depuis 2008! J'estime que le contribuable ne doit pas payer pour l'entêtement de la Municipalité», critique l'UDC Werner Riesen. Du même parti, Fabienne Despot ne mâche pas ses mots: «Nous ne sommes pas dans une crise imprévisible. La Municipalité le savait, on l'a assez prévenue!». Et le syndic Laurent Ballif de sortir de sa réserve: «Je refuse d'être celui qui n'a rien vu, alors que tous les autres ont vu! Et les gens riches ne partent pas! Nous avions 542 contribuables qui gagnaient plus de 100'000 francs en 2000, nous en avions 888 en 2010!».
Coupe drastique
En fin de séance, le municipal des finances est un peu déçu. «J'accepte les conclusions du Conseil, mais ça ne va pas être facile! Avec ce déficit de 7 millions, nous allons devoir prendre des mesures, notamment une réorganisation de l'administration communale. Nous allons devoir songer à des éventuelles suppressions de postes, mais cela ne sera pas fait de gaieté de cœur». Pour le syndic Laurent Ballif, les mesures à prendre dépendront des comptes 2012 et de la conjoncture. «Il faut attendre courant 2013 pour voir si ce déficit devait se confirmer, s'il s'agit d'un problème structurel ou conjoncturel. Mais nous avons encore une marge de coupe drastique». Dans ce cas de figure, seule certitude: «Il n'y aura pas de licenciements, nous favoriserons des départs naturels, notamment à la retraite».
Textes: Céline Amiguet
Photo: Zoé Decker



