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Deux immeubles mort-nés

Chexbres 25 millions, c'est le coût estimé de la construction de six immeubles sur la parcelle de l'hôtel Préalpina à Chexbres (ici en arrière plan). Seul gros hic, ce projet immobilier a été dessiné sans tenir compte de la distance légale de 10 mètres à respecter par rapport à la forêt. «Pour un projet de cette ampleur, un tel oubli est très étonnant», constate Jean Rosset, conservateur des forêts à l'Etat de Vaud. Conséquence, deux de ces six immeubles ne pourront pas être réalisés et une nouvelle implantation devra être étudiée. Le surcoût de ce couac n'a pas encore été chiffré. Comment une telle erreur a-t-elle pu se produire? Enquête.

RDR Richter · Dahl Rocha & Associés architectes SA

«Tout a été prévu pour faire le plus juste possible, mais une erreur n'est jamais exclue...», résume le syndic de Chexbres Jean-Michel Conne, à propos du couac affectant le projet de construction de six immeubles d'habitations au lieu-dit En Perche, sur la parcelle de l'hôtel Préalpina. Un projet immobilier estimé à 25 millons. La parcelle en question comprend, sur sa partie supérieure, quelque 3500 m2 de forêt. Mais alors que l'aire forestière aurait dû être délimitée par le Service des forêts et mise à l'enquête conjointement à la demande de permis de construire, cela n'a pas été fait. En effet, le plan d'extension partiel pour cette parcelle a été élaboré avant l'entrée en vigueur de la Loi sur les forêts de 1991 et l'aire forestière n'y figure que de manière indicative. Si bien que le projet a été réalisé sans tenir compte de la distance de 10 mètres à respecter par rapport à la forêt. «Ce sont des citoyens qui, suite à la mise à l'enquête, nous ont informés», explique Jean Rosset, conservateur des forêts à l'Etat de Vaud. L'inspecteur du Service des forêts a donc été dépêché pour procéder à une détermination de l'aire forestière. Ensuite de quoi il s'est avéré que l'implantation de deux des bâtiments projetés était non conforme.

«Très étonnant»

«Il est fréquent d'avoir à faire à des plans d'affectation antérieurs à 1993, et les acteurs savent généralement que dans ces cas-là il faut délimiter les éventuelles forêts», relève Jean Rosset. «Pour un projet de cette ampleur, un tel oubli est donc très étonnant». D'autant qu'en novembre de l'an dernier, à l'occasion d'une demande de modification du règlement du plan d'extension partiel, le Service des forêts avait déjà rendu attentives les autorités chexbriennes à cette problématique, dans le cadre de l'examen provisoire effectué par le Service du développement territorial. Selon Kathrin Gruber, municipale de la police des constructions, le courrier y relatif aurait été transmis en copie au géomètre officiel.

Ping-pong

Comment se fait-il dès lors que personne ne se soit rendu compte du couac? Le bureau d'architecture en charge du projet dit avoir suivi les recommandations du géomètre officiel, qui n'aurait donné aucune indication à ce sujet. Ce dernier assure n'avoir pas eu connaissance du courrier du Service du développement territorial. De leur côté, les autorités communales s'étonnent que l'ingénieur forestier, mandaté par le maître de l'ouvrage pour établir un diagnostic des arbres du site, n'ait rien signalé concernant la forêt. «Mon mandat consistait à définir la valeur botanique et paysagère des arbres hors forêt», se défend celui-ci.

Affaire réglée

«C'est la faute à pas de chance et la responsabilité est partagée. L'essentiel est d'aller de l'avant et de corriger cette erreur», commente Jacques Richter, co-directeur du bureau d'architecture Richter – Dahl Rocha & Associés. Les deux bâtiments seront donc supprimés le temps d'étudier une nouvelle implantation – le surcoût n'a pas encore été chiffré. Quant à la délimitation de la forêt, elle sera mise à l'enquête publique le 22 octobre. À noter que cela ne remet pas en cause la convention conclue entre la commune de Chexbres et la Fondation Unia, propriétaire, pour permettre la sauvegarde de l'hôtel (voir le Régional n° 629).

Priska Hess

Date:18.10.2012
Parution: 632

Construction interdite à moins de dix mètres d'une fôret

L'article 13 de la Loi fédérale sur les forêts, entrée en vigueur en 1993, impose la délimitation des forêts par rapport à la zone à bâtir. Dans le canton de Vaud, les plans d'affectation d'avant 1993 ne faisant pas figurer les zones de forêt ont une valeur uniquement indicative: ainsi, dans le cadre de projets de constructions, une délimitation de la forêt doit être réalisée par le Service des forêts, la Loi forestière cantonale interdisant une implantation dans la forêt et à moins de 10 m des lisières.

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