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La Volga sur le Léman

Le Bouveret Cadre de rêve, cascades équestres et ambiance électrique au port du Bouveret, où le cinéaste russe Nikita Mikhalkov tourne «Sunstroke», son dernier film. C'est une véritable remontée dans le temps qu'effectue ce célèbre réalisateur – lauréat de l'oscar du meilleur film étranger en 1995 - dans un décor qui reconstitue les rives de la Volga en 1907. Tiré d'une nouvelle d'Ivan Bounine, le film raconte un coup de foudre entre deux passagers d'un bateau voguant sur le plus grand fleuve d'Europe. De nombreux habitants de la région - 150 en tant que figurants et une centaine dans l'équipe - participent à ces prises de vue, qui s'étalent sur environ cinq semaines. Reportage.

V. Passello

Véritable plongée dans le temps au port du Bouveret, un vaste décor nous ramène en 1907 pour les besoins du tournage de «Sunstroke», le prochain film du réalisateur russe Nikita Mikhalkov, lauréat de nombreux prix, dont l'oscar du meilleur film étranger en 1995. Tiré d'une nouvelle d'Ivan Bounine, le film raconte un coup de foudre entre deux passagers d'un bateau voguant sur la Volga. Une partie du tournage a déjà eu lieu en Russie, et les prises de vue en Suisse doivent s'étaler sur environ 5 semaines. Sur les lieux, c'est l'effervescence: les régisseurs courent, les talkies-walkies crépitent, tous s'affairent et chacun semble connaître son rôle dans cette énorme production. Parmi ces gens bien occupés, Romain Bovy, de Chexbres, est interprète en charge des décors: «J'ai deux radios; une pour communiquer avec l'équipe russe, et une autre pour les Suisses. J'ai aussi une oreillette pour le natel, je sonne de partout!», explique-t-il. Il est l'un des deux interprètes suisses sur le plateau, et les autres viennent de Russie. Chaque département (maquillage, costumes, accessoires, etc...) a son traducteur, et le réalisateur est accompagné en permanence par son interprète personnel, afin que tout le monde puisse se comprendre. Mais y a-t-il des différences de mentalité notoires entre les deux équipes? «Ayant vécu 10 ans à Moscou, je connais ces différences, répond Romain Bovy. On peut dire que les Russes sont toujours un peu intimidés lorsqu'ils arrivent dans un pays étranger. Mais l'adaptation s'est faite rapidement et nous avons de très bons contacts».

Patience dans le froid

En moyenne au cinéma, un jour de tournage équivaut à une minute à l'écran. Pour les figurants, le temps semble parfois long, comme en témoigne Isabel Tordera, de Clarens, figurante depuis une semaine: «Il y a des jours terribles où l'on ne fait rien! On doit toujours attendre, et il fait froid: nos costumes ne sont pas bien épais». Pour cette mère de famille, l'expérience est tout de même un vrai plaisir: «J'ai étudié la littérature russe et vécu en ex-URSS, ce qui fait que je peux communiquer. J'ai postulé car j'admire Mikhalkov; je voulais absolument le voir, et je l'ai vu». D'autres figurants sont là pour l'immersion dans le siècle dernier, ou simplement pour découvrir la manière dont se déroule un tournage. Mikhalkov a choisi de s'arrêter au Bouveret pour tourner sur les bateaux belle époque de la CGN. Un passage qui laissera sans doute des souvenirs indélébiles à toute la région.

Textes et photos:

Valérie Passello

Date:25.10.2012
Parution: 633

En selle et en scène

Français installé dans le Val de Bagnes, William Chatel gère une équipe de cascadeurs équestres expérimentés, tous ayant au moins participé à une trentaine de tournages. Selon lui, s'il n'y a pas de cascades à proprement parler dans le film, mais la conduite des chevaux reste délicate sur un plateau: «Il y a des passages à faire en calèche, et il faut toujours se tenir prêts à intervenir lorsqu'on nous le demande. Cela exige de la précision, notamment à cause des nombreux figurants». William a choisi des chevaux des Franches-Montagnes, qu'il apprécie pour leur calme et leur rusticité: «Ce sont des chevaux de l'armée suisse reconvertis dans le divertissement. Ils sont habitués à la foule, sereins et à l'écoute de leur cavalier; des qualités indispensables pour ce type de prestation», ajoute le coordinateur équestre.

En images

Près de 150 figurants ont été recrutés dans la région pour participer au tournage dans des costumes d'époque.
Une équipe de cascadeurs équestres, dont le responsable est établi dans le val de Bagnes, mène des chevaux sur le plateau.
Le traducteur Romain Bovy et ses indispensables radios.
Tout le débarcadère du Bouveret a été décoré comme une rive de la Volga en 1907
Accueil russe sur le quai
Une partie du film ayant déjà été tournée en Russie, la plupart des accessoires ont été importés par camion
En plus du bateau à vapeur "Le Rhône", la CGN prête à la production quelques barques belle époque
William Chatel (à d.) et son équipe de cascadeurs équestres
Sur environ 50 mètres, le quai amenant au plateau a aussi été décoré
De faux pavés en tartan ont été posés au sol: l'illusion est totale!
Michel Bonzon, le vrai capitaine du "Rhône" exécute les manoeuvres selon les indications du réalisateur
Détail du décor: un kiosque décoré à la russe
Isabel Tordera et Claude François, deux figurants suisses incarnant des paysans
Un fond bleu barre l'horizon: il permettra de retravailler le décor image par image lors du montage
Les palissades du quai sont placardées d'affiches russes: tout est aménagé avec le sens du détail
Mathias Philipona, régisseur, chauffeur, runner: sorte d'homme à tout faire du plateau