Vevey Nouveau rebondissement à Vevey dans le dossier Aile Rivage: à une semaine du vote crucial du Conseil communal, appelé le 8 novembre à prolonger la promesse de vente du restaurant du Rivage au promoteur Projet 109 SA - à l'origine du projet immobilier déjà très controversé qui doit prendre place sur ce périmètre - un groupe d'élus appelle à voter non. Motif: ce projet ne tient pas les promesses de celui accepté par les Veveysans lors du référendum de 2007. Notamment au sujet de la synergie entre la Salle Del Castillo et le futur bâtiment du Rivage, abandonnée en cours de route. Représentatifs de tendances politiques diverses, ces élus se déclarent même prêts à défendre cette position devant le peuple sous forme de référendum. Leur but est de permettre à la collectivité de réfléchir à un projet meilleur et plus utile pour l'ensemble du secteur Castillo, galeries du Rivage et jardin du Rivage.
La tension monte d'un cran dans le dossier Aile Rivage. Au cœur du débat, la prolongation de la promesse de vente du restaurant du Rivage au promoteur Projet 109 SA, à l'origine du projet immobilier qui doit prendre place sur ce périmètre. Une prolongation rendue nécessaire à la suite du blocage de ce projet par le Tribunal cantonal sur recours des opposants, obligeant la Municipalité à le défendre devant le Tribunal fédéral. A une semaine du vote crucial du Conseil communal, appelé le 8 novembre à accorder ce nouveau délai au promoteur, non seulement l'avocat Pierre Chiffelle accuse la Municipalité de «tentative de gestion déloyale» (lire encadré), mais ce projet immobilier est également remis en question sur le fond.
Synergie abandonnée
Un certain nombre de conseillers communaux, d'opinions politiques diverses, parmi lesquels la minorité de la commission chargée d'étudier cette prolongation de promesse de vente, vont appeler le Conseil communal à voter non. Avec l'objectif de «redonner la main à la commune, en rendant à la Municipalité et au Conseil communal la liberté de décider sur l'avenir de ce secteur entre Salle Del Castillo, Jardin du Rivage, rue Louis-Meyer et Galeries du Rivage».
Selon l'analyse de ces élus, le projet tel qu'il a évolué n'a plus grand-chose à voir avec celui d'origine tel qu'approuvé par le peuple lors du référendum de 2007. Notamment la synergie voulue entre le restaurant et la salle Del Castillo, qui devait être matérialisée par un foyer commun aux deux bâtiments. Ce qui fut l'un des objectifs prioritaires de ce projet a en effet été complément abandonné au printemps 2009, lors du lancement concours d'architecture pour la Salle del Castillo et le Jardin du Rivage. Estimant qu'aucun architecte n'accepterait de participer à un concours pour un bâtiment dont il ne pourrait pas maîtriser un élément essentiel, le fameux foyer, le jury du concours avait proposé de rendre la Salle Del Castillo indépendante du futur bâtiment du Rivage, en renonçant au foyer et en intercalant une ruelle entre les deux bâtiments. Ce que la Municipalité avait admis.
«Une seule trace de synergie subsistait: le souhait d'une liaison en sous-sol entre les deux bâtiments. Or, elle a entièrement disparu dans l'actuel projet de rénovation de la salle Del Castillo», constatent ces élus. Aujourd'hui donc, les deux bâtiments sont physiquement séparés par une ruelle et fonctionnellement séparés.
Le 8 novembre, l'approbation du Conseil communal sera donc demandée pour prolonger un acte de vente contradictoire avec le Plan partiel d'affectation et avec la rénovation en cours de la Salle Del Castillo.
Menace de référendum
Autre argument, il n'y a plus de chantage possible quant à l'avenir du Château de l'Aile comme contrepartie à ce projet - «La vente du Rivage ou la ruine du Château». La vente du Château est acquise et enregistrée au Registre foncier, il n'y a plus à y revenir. Le lien forcé entre les deux ventes, élément décisif pour la décision populaire de 2007, n'existe plus. Il n'y a donc plus d'urgence à adopter un projet qui ne tient pas ses promesses initiales.
Pour toutes ces raisons, ce groupe d'élus souhaite saisir l'occasion de ce vote pour réfléchir – pour l'ensemble du secteur Castillo, galeries du Rivage et jardin du Rivage – à un projet meilleur et plus utile à la collectivité que celui qui sortirait de la réalisation de Projet 109 SA. C'est du moins la position qu'ils défendront devant le Conseil communal, voire même devant le peuple sous forme de référendum si le législatif venait à quand même accepter de prolonger l'acte de vente. Ceci «dans l'espoir que Vevey ne laissera pas passer cette occasion unique de décider ce qu'elle veut faire de ce secteur en étant libérée des pressions qui ont marqué la décision de 2007», expliquent ces élus.
«On peut ré-écrire l'histoire tant qu'on veut, mais la Municipalité a été mandatée par le peuple pour mener ce projet à son terme», balaie le syndic Laurent Ballif, qui appuie: «Ce préavis est logique et cohérent par rapport à la décision prise par le Conseil communal en 2007 et ratifiée par le peuple».
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