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Le sentier lacustre coule...

La Tour-de-Peilz Le chemin piétonnier de 2 km devant relier la Becque à la Maladaire plonge dans une impasse. Au cœur du problème, son coût, estimé à 3,6 millions lors de l'initiative populaire de 2010, qui explose à près de 8 millions de francs dans le préavis municipal. D'où le blocage de la majorité de droite du Conseil communal, qui refuse le crédit d'étude qui devait permettre à ce projet d'entrer dans sa phase concrète. Ses partisans crient à la «démolition» et accusent la Municipalité, elle aussi à majorité de droite, d'avoir volontairement gonflé ce crédit d'étude en raison d'une collusion manifeste entre intérêts privés et publics. Ils viennent de recourir contre cette décision auprès du Conseil d'Etat, estimant que la volonté populaire est bafouée.

P. Martin

A peine touché, déjà coulé! Le chemin piétonnier de 2 km, accepté en votation populaire en 2010, devait entrer dans sa phase concrète avec l'octroi d'un crédit d'étude. C'est pourtant dans une impasse qu'il se trouve à l'issue du Conseil communal du 31 octobre. Au cœur du problème, son coût, estimé à 3,6 millions lors de l'initiative populaire, qui explose à près de 8 millions de francs dans le préavis municipal. D'où le blocage de la majorité de centre droite, PDC, PLR et UDC, pour qui la population a basé son vote en 2010 sur des informations erronées, «tant au niveau des prix que de l'implication du Canton dans le financement».

«Exercice de démolition»

Pour une majorité de la commission, le peuple a été trompé sur les coûts et la question d'un cheminement réalisé exclusivement sur le domaine public.

Mais sa minorité – 3 contre 4 –estime que les autorités ont reçu un mandat clair du peuple de construire ce chemin. «Refuser ce crédit revient à nier la volonté populaire». Au nom de cette minorité, le socialiste Jacques Vallotton fustige «les mauvais perdants» qui s'ingénient à ériger toutes sortes d'obstacles pour faire couler un projet désiré par une majorité de Boélands. Le crédit d'étude de 702'000 francs est provocateur «dans le ton et son contenu». On ne connaît pas le tracé du sentier lacustre et l'on s'exprime par des hypothèses toutes plus coûteuses les unes que les autres. «C'est le début d'un exercice de démolition en règle».

L'exécutif, à majorité de droite, est accusé d'avoir volontairement grossi ce crédit d'étude en y intégrant les frais des éventuelles expropriations, sachant que le tracé passe par de nombreuses propriétés privées. Pire selon la gauche, on avance des prévisions ultrapessimistes alors que le projet bénéficiera d'une subvention cantonale pouvant aller jusqu'à 50 %.

Président de la commission, le socialiste Jean-Yves Schmidhauser tente bien de faire réduire le crédit d'étude à 302'000 francs, par voie d'amendement. Mais il est refusé par 41 voix contre 38. Un deuxième amendement, déposé par l'aile libérale, demande que le tracé du cheminement n'emprunte que le domaine public. Ce qui reviendrait à «tuer le projet», estime Michel Panchaud, cité par 24heures, président de l'Association des Rives du Lac (ARL), à l'origine de l'initiative. Cet amendement est pourtant accepté par 41 contre 38 voix. Au final, le préavis amendé est refusé par 59 voix contre 16.

Recours déposé

L'ARL, les Socialistes, les Verts, ainsi que des citoyen(ne)s et des élus communaux viennent de déposer un recours auprès du Conseil d'Etat. Ce groupe demande l'annulation de cette décision et d'impartir au Conseil communal un délai de 3 mois pour prendre une nouvelle décision. Il dénonce une collusion manifeste entre intérêts privés et publics et constate que la volonté populaire est bafouée.

Georges-A.Nippell

Date:08.11.2012
Parution: 635

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