Télécharger
l’édition n°917
au format PDF
Région Lausanne Région Lavaux Région Riviera Région Chablais Région Oron
Dernière minute
La semaine prochaine
Bonus du net

Vente du Rivage: au peuple de trancher

Vevey La décision du Conseil communal de vendre la parcelle publique du Rivage à un promoteur est attaquée en référendum.

Les Veveysans pourront décider de ce qu'ils veulent faire de cette parcelle publique sans la pression de la ruine du Château de l'Aile.M. Rouiller

Un débat nourri a précédé le vote sur la prolongation de la promesse de vente du Casino du Rivage, lors du Conseil communal du 8 novembre. Un débat qui pour une fois n'a pas été le miroir du clivage gauche-droite, si fréquent à Vevey. L'enjeu porte sur la vente de cette parcelle au promoteur, Projet 109, qui veut démolir le restaurant du Rivage pour construire un immeuble dans le jardin public du même nom. Son projet, qui mélange espaces publics et logements privés, a été invalidé par La Cour cantonale administrative de droit public, estimant que son emprise pourrait être préjudiciable au site. Décision contre laquelle la Municipalité a recouru auprès du Tribunal fédéral, d'où la nécessité de prolonger la promesse de vente.

Vente subie

Selon les opposants, représentant tous les partis sauf le PLR et le PS, ce projet ne correspond plus à celui de 2007. Ils remettent en question une vente qui selon eux, a été forcée, et même bradée: «Le projet a perdu beaucoup de plumes depuis 2007, estime Alain Gonthier (Alternatives), puisqu'il prévoyait une symbiose avec la salle del Castillo, ce qui n'est plus le cas maintenant. Et puis ce vote était un chantage: on nous a clairement fait comprendre que si on voulait qu'on nous débarrasse du château de l'Aile, il fallait vendre à bas prix le Rivage! Cette vente n'a pas été voulue, mais subie!». Autre critique, le prix de vente de ce terrain, de 1,9 million, qui, rappelle Fabienne Despot (UDC), «correspond à l'estimation fiscale d'il y a 5 ans, alors que la conjoncture actuelle peut permettre d‘en obtenir le double, voire le triple!». De son côté, Claire Mollet (Vevey Libre), critique la construction d'appartements en propriété: «Rien n'a jamais nécessité, pour des raisons urbanistiques ou architecturales, que le parc soit dédié, en tout ou partie, à une construction privée»

Des opposants opportunistes

Mais une majorité d'élus soutient cette vente. Emmenés notamment par Jacques Décosterd (PLR), Pierre Butty (PS), Francis Baud (Vevey Libre) et Werner Riesen (UDC), ils ont d'ailleurs tenu à faire part de leurs arguments lors d'une conférence de presse deux jours avant le Conseil. Des arguments repris en plénum. Ils jugent la prolongation de cette promesse logique: «La vente ayant subi un retard de l'ordre de 14 mois en raison du concours organisé dans le cadre de la transformation de la salle del Castillo, il est normal de repousser la date buttoir». Ils tiennent également à défendre le promoteur de projet 109: «Il a respecté tous ses engagements, il a notamment accepté qu'on empiète sur sa parcelle pour construire un mur antibruit pour la salle del Castillo, et aujourd'hui on le jette en pâture, c'est inadmissible! » critique Francis Baud. Au sein de leurs propres partis, les opposants sont vus comme des opportunistes: «Profiter de la situation pour tout remettre à zéro est irrespectueux», souligne le socialiste Pierre Butty. Francis Baud soutient également que du point de vue financier, ce n'est pas un bon calcul: «Si la vente ne se fait pas, la parcelle reste propriété de Vevey, avec tous les frais d'entretien que cela implique. Ce que veulent les veveysans, c'est que les choses se fassent.»

Au final, le vote à bulletins secrets, donne raison aux partisans, qui l'emportent par 45 voix pour, 33 non et 3 abstentions. Mais les opposants ne baissent pas les bras et déposent dès le lendemain du Conseil un référendum. Céline Amiguet

Date:02.04.2013
Parution:

«Non au bradage du Rivage»

Le comité référendaire, composé de 12 personnes de tous partis, a jusqu'au 29 novembre pour récolter 1'800 signatures. Titré «Non au bradage du Rivage», le texte du référendum souligne que la votation ne portera cette fois que sur la vente du Rivage, et non plus sur celle du Château de l'Aile, ce qui doit laisser aux veveysans la possibilité de se prononcer en toute liberté. «En 2007, Projet 109 SA a profité des circonstances: à tort ou à raison, les autorités et la population, pour sauver le Château de l'Aile, ont cru être obligées de lui vendre à bas prix la parcelle du Rivage. Aujourd'hui, c'est à la collectivité que les circonstances sont favorables». De son côté, le syndic Laurent Ballif est circonspect: «Même si les veveysans se prononcent en faveur du projet, les opposants vont probablement réagir. Il y aura peut-être un recours contre le vote. Leur objectif est toujours de décourager le promoteur. Ils espèrent qu'il finira par laisser tomber». Ce dernier, interrogé par 24heures, qualifie les arguments des opposants «dilatoires et fallacieux», estimant que son projet est le même qu'en 2007.

Dans ce dossier

Documents

En images

Vidéo
Documents audio