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Les dirigeants du SIGE désavoués

Gestion Le Conseil intercommunal valide les comptes et le rapport de gestion 2012, mais refuse de donner décharge au Comité de direction pour son traitement des événements l'ayant amené au licenciement du directeur.

Pour Patrice Wenger, de la Commission de gestion du SIGE, ce vote est «un signal d'alarme donné au Comité de direction», représenté ici de g. à droite par: M. Martin, président, J.-M. Emery, T. Aminian, P. Goletta, C. Neukomm et C. Walther.

«Mauvaise note au Comité de direction» et «sanction politique»: c'est en ces termes qu'Alain Gonthier, membre de la Commission de gestion (CoGest) a qualifié la décision prise jeudi 20 juin par le Conseil intercommunal du SIGE, qui gère l'eau et l'abattoir de la Riviera. Enjeu, la validation des comptes et du rapport de gestion 2012. Après une heure trente de discussion, l'organe législatif a soutenu à une petite majorité (23 oui, 18 non et 3 abstentions) l'amendement de la CoGest demandant «de ne pas donner décharge au Comité de direction (CoDir) pour sa gestion des événements qui l'ont amené à licencier le directeur.» Une issue qui en a surpris plus d'un, à l'instar du président du Conseil intercommunal, Erwin Weiss: «Une discussion aussi longue et un vote aussi serré, c'est du jamais vu dans notre Conseil intercommunal. Et rien ne laissait supposer que cet amendement allait passer.»

«Faux-fuyant»

Une partie des conseillers estimait en effet que, les mesures concrètes ayant été prises en 2013, il faudrait en débattre en 2014. «Dire que rien n'a été décidé en 2012 est un faux-fuyant», a répliqué Alain Gonthier, membre de la Cogest. «Le fait que nous présentions cet amendement à l'unanimité, n'est-ce pas le signe qu'il y a au moins un grain de bon sens dans ce que nous proposons?» S'en est suivi une vive discussion, au cours de laquelle les ténors de la CoGest, Alain Gonthier et Patrice Wenger en tête, ont longuement fait valoir leurs arguments. De son côté, le Comité de direction s'est borné à redire qu'il fallait se prononcer uniquement sur les faits de 2012. Alain Gonthier a finalement insisté sur l'importance qu'aurait le vote par rapport à l'opinion publique: «Si le Conseil intercommunal donne l'impression de couvrir ce qui s'est passé en donnant son aval au Comité de direction, au café du commerce on dira «tous pourris». Et ce sera le discrédit du politique!» Une considération qui a, semble-t-il, joué son rôle dans la décision prise ce soir-là.

«Tourner la page»

«Dans la vie, on fait des erreurs. J'en ai fait une avec cette histoire, celle de ne pas avoir informé les autres membres du Comité de ce qui se passait», a reconnu le président du Comité de direction Marcel Martin à l'issue du vote, en ajoutant qu'il importait maintenant «d'aller de l'avant et de tourner la page». La portée de ce «signal d'alarme donné au Comité de direction», selon les termes de Patrice Wenger, sera uniquement politique. Le Conseil d'Etat, saisi par la CoGest, établira «si la décision de licencier le directeur du SIGE a bien été prise dans l'intérêt du service et si elle ne met pas en péril son fonctionnement futur.» Quant aux éventuelles sanctions juridiques dans l'affaire de la caisse noire, il appartiendra à l'enquête pénale en cours de les déterminer.

Texte et photo:

Priska Hess

Date:27.06.2013
Parution: 666

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