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Le renvoi du directeur du SIGE est conforme

Vevey Il n'y a pas eu de violation de la loi sur les Communes dans la décision de licencier Christophe Higy, estime le Préfet de Lavaux.

Préfet de Lavaux, Jean-François Croset avait été mandaté par le Département cantonal de l'intérieur pour se prononcer sur le licenciement du directeur exécutif du Service intercommunal de gestion de la Riviera (SIGE). Dans son rapport, rendu public jeudi 5 septembre, le Préfet conclut à l'absence de violation de la loi sur les communes. Le fonctionnaire rappelle que le Comité de Direction (CoDir) a ordonné un audit avant de prendre sa décision. «Mais ce licenciement a été examiné sous le seul angle de la légalité», souligne Béatrice Métraux, ministre cantonale de l'intérieur.

150'000 frs d'indemnités

C'est la commission de gestion du SIGE (Cogest) qui avait porté le dossier devant le Conseil d'Etat. Accusant le CoDir d'opacité, la Cogest se plaignait de n'avoir pas eu accès aux pièces qui lui auraient permis de comprendre les motivations de ce licenciement. Notamment les audits organisationnels et comportementaux menés fin 2012 et classés confidentiels. Le Cogest critiquait un gaspillage d'argent public lié aux indemnités de départ du directeur, neuf mois de salaires (inclus les 3 mois de délai contractuel), soit plus de 150'000 frs, ainsi qu'une perte de ses compétences et de ses connaissances accumulées pendant dix ans sans possibilité de transmission. «Ce rapport n'apporte rien de nouveau», réagit Alain Gonthier, de la commission de gestion, qui persiste à qualifier ce licenciement «d'inopportun». Dans un communiqué commun, la Cogest et le CoDir ont fait savoir que cette question du licenciement était close.

Serge Noyer

Date:11.09.2013
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COMMENTAIRE

Les copains d'abord

 

Officiellement, le directeur du SIGE a été licencié pour «divergences de vue». Officieusement, il a été la cible d'un règlement de comptes qui s'est manifesté dans les audits menés en 2012 sur deux unités du SIGE. Christophe Higy est devenu l'homme à abattre, notamment pour avoir dénoncé certaines pratiques douteuses ayant cours depuis de longues années au SIGE. Un constat admis par ses dirigeants politiques eux-mêmes. Mais dans son enquête, le Préfet ne s'est attaché qu'à l'aspect légal de ce licenciement. Restent les nombreux dysfonctionnements mis en lumière dans ces audits: mobbing, harcèlement, niveaux de contrôles défaillants, autorité remise en question, animosité entre cadres, prise de pouvoir des caractères forts. Le tout sur fond de détournement de matériel et de caisse noire, dans une ambiance de «guerre des clans» et de «république bananière» selon les propres termes de certains employés. Restent aussi les intrigues partisanes, le copinage et le favoritisme qui ont conduit les dirigeants politiques du SIGE au limogeage du directeur, vaine tentative de masquer leurs propres carences de gouvernance. Mais aucune loi ne sanctionne ces pratiques. Tout comme l'incapacité des autorités et des institutions à faire leur autocritique. Du scandale lié au surcoût de l'abattoir de Clarens en 2005 à l'affaire Marie aujourd'hui, les exemples abondent. La politique des petits copains a encore de beaux jours devant elle...

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