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« Le canton a la rougeole »

Territet La Conseillère d'Etat Jacqueline de Quattro a expliqué devant un parterre de propriétaires et de politiciens les implications de l'application de la loi sur l'aménagement du territoire (LAT). Les communes devront revoir leur Plan général d'affectation. Celui de Montreux, tant attendu, vient d'être accepté par le canton.

La Conseillère d'Etat Jacqueline de Quattro a rappelé que le canton soutiendra activement les propriétaires et les communes dans la mise en place de l'application de la LAT. DR

Une carte rouge sang qui représente le canton de Vaud. Tout ce rouge symbolise le 70% des communes dont les zones à bâtir représentent deux fois les besoins réels pour les quinze prochaines années. Une estimation émanant du Plan directeur cantonal de 2008. Et comme le peuple a voté en 2013, à 62,9%, en faveur de la loi sur l'aménagement du territoire (LAT), les conséquences tombent aujourd'hui: les communes doivent revoir à la baisse leurs zones à bâtir. Le Conseil fédéral donne cinq ans aux communes pour s'y plier. Durant ce laps de temps, chaque zone bâtie devra être compensée par un dézonage immédiat d'une autre parcelle, soit sur la même commune, soit sur une commune voisine. De quoi donner le tournis aux propriétaires de terrain à bâtir et aux communes. «Cette carte, c'est la fameuse rougeole du canton, reconnaît la ministre du territoire Jacqueline de Quattro, qui s'est déplacée le 5 juin à l'Hotel Bristol Territet pour expliquer l'application de la LAT. «La plupart des cantons devront compenser leurs zones à bâtir ailleurs. Je demande donc de la solidarité entre les communes pour relever ce défi». Les seules exceptions à cette nouvelle application de la loi concernent les zones à bâtir déjà affectées, les infrastructures cantonales urgentes, comme les hôpitaux cantonaux, les gymnases et les établissements pénitentiaires. Quant aux secteurs intégrés dans un projet d'agglomération de centres cantonaux, de pôles économiques ou de sites d'importance cantonale stratégique, il n'y aura pas d'obligation de les compenser immédiatement.

On revoit la copie des PGA

La ministre du territoire se donne trois ans pour sortir de cette période transitoire: «Il n'y a rien de pire que l'incertitude. C'est pourquoi, il faut sortir le plus rapidement possible de cette période moratoire». Elle a donc demandé aux communes de revoir leur Plan général d'affectation (PGA), alors que pour certaines, elles viennent de le terminer après de longues années de travail. À Montreux, le nouveau PGA, à l'étude depuis pratiquement dix ans, est à bout touchant. «Dans notre nouvelle version du PGA, nous avons déjà fait l'exercice de réduire les zones à bâtir. Nous sommes donc moyennement inquiets, mais à voir comment le canton va interpréter ça», confie Christian Neukomm, municipal de l'urbanisme à Montreux. La Conseillère d'Etat, Jacqueline de Quattro a la réponse, puisqu'elle en profite pour révéler que le nouveau PGA de Montreux, tant attendu, était sur les rails. «La commission communale qui examinait ce PGA semblait plutôt favorable à la dernière version proposée. Du côté du canton, nous sommes prêts à l'approuver. À voir si le Conseil communal l'accepte tel quel ou s'il y aura encore des digressions en plénum». Une information qui a mis mal à l'aise le municipal montreusien, car l'appréciation de la commission était encore sous embargo. Bernard Degex, syndic de Blonay, est resté pour sa part dubitatif: «Comment envisagez-vous d'étudier les PGA des 300 communes en trois ans?» «Cela va être très compliqué», reconnaît la Conseillère d'Etat.

Sandra Giampetruzzi

Date:12.06.2014
Parution: 712

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